Liberté, Egalité, Fraternité

"L'identité nationale française porte un idéal de résistance" : F. Bayrou (Projet Espoir-2007)

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30.05.2008

"Fini le pipeau, du courage les journalistes !"

La vérité sur le prix de l'énergie !

Via des amis journalistes (merci), je viens de recevoir ce mail que Jean-Marc Jancovici, expert indépendant en énergie a transmis en début de semaine à de très nombreux journalistes.

Lors de l'émission "Sarko, bientôt à Euroland" lors de l'émission C'est dans l'air sur France 5, le 9 mai dernier, il n'avait malheusement pas trouvé les mots pour réagir lors des échanges sur oui ou non peak-oil. Il y aura toujours des gens pour "dire que la terre est plate". Oublions donc cette approche démonstrative !

C'est pourquoi je pense que le bon angle d'approche c'est plutôt de notre toxico-dépendance grandissante à une "dope" dont nous n'avons plus accès à des prix cassés. C'est notre sort d'européens, il faut en faire le constat et dès à présent se mettre en marche.

C'est d'une transition énergétique dont nous avons besoin, pas de pipeau court-terme.

C'est au politique à prendre le sujet, avec courage. Les solutions (sociétales et techniques) sont là, il faut avoir le courage de dire la vérité aux européens. Oui, nous nous sommes tous ensemble trompés, nous avons désormais une organisation de notre société incompatible avec les réalités géo-politiques. C'est çà la real-politik !

Je ne sais pas si dans votre vie vous avez eu l'occasion de rencontrer un drogué qui fait tout pour s'en sortir. C'est dur, pas d'histoire, mais c'est une belle histoire. Je ne sais pas si dans votre vie vous avez eu l'occasion de tendre la main à un drogué et à lui faire prendre conscience de sa dépendance. Alors c'est là, à ce moment, qu'il faut être présent. présence.

Parce que nous voulons être des hommes et des femmes debouts ! Pas des "épaves" en manque !

 

----- Message de Jean-Marc Jancovici <jean-marc.jancovici@polytechnique.org> sur Mon, 26 May 2008 11:18:24 +0200 -----
Pour:    Jean-Marc Jancovici <jean-marc.jancovici@m4x.org>
Objet:    à popos du prix de l'essence, du pouvoir d'achat, et des conséquences sur le journalisme politique
Chers ami(e)s journalistes (et chers journalistes pas ami(e)s, hélas !), bien le bonjour,

Certains d'entre vous ayant à l'évidence envie de s'intéresser au pétrole en ce moment, et
d'autres au pouvoir d'achat, je vais prendre l'initiative malheureuse de vous expliquer
que l'un et l'autre c'est un peu la même chose, des fois que vous n'ayez rien de mieux
à faire ces jours-ci que de lire ce qui va suivre (dur métier !). Evidemment ce qui suit
est un peu long, mais ce n'est pas à vous que je vais apprendre que ce qui est simple et
faux, et ce qui ne l'est pas est inexploitable...

La saviez vous ? Tout ce que l'on dit volontiers sur l'essence actuellement (qu'elle n'a
jamais été aussi chere) est.... parfaitement faux. Le carburant automobile n'a quasiment
jamais été aussi bon marché qu'aujourd'hui, ce que ce petit mot va essayer de vous
montrer. Cela étant, l'énergie a toutes les chances de se mettre à devenir chère pour de
bon à l'avenir (x5 ? x10 ? qui peut le dire ?), disons avant que la maternelle
d'aujourd'hui n'ait mon âge, ce que je vais aussi essayer de vous montrer.

Si ca peut pousser certains d'entre vous à demander un peu plus souvent à Sarkozy ce que
nous faisons tous si le point de croissance ne répond pas à sa canine droite ou à sa
molaire gauche (ce qui va finir par arriver pour des raisons physiques), et à le
demander aussi à votre lecteur, je n'aurai pas complètement perdu mon temps. Et si vous
faites suivre ce mot à vos collègues des services politiques (car de fait je ne les ai pas
souvent en face de moi, alors que je ne suis pas persuadé que la démocratie résistera à
des turbulences majeures sur l'énergie), et qu'en plus ils le lisent, alors là c'est
l'apothéose !

Et toujours dans cette même veine, plus vous expliquerez au pêcheur breton et au routier
que l'augmentation des taxes est la meilleure potion contre bien pire à l'avenir que ce
qu'ils sont en train de vivre, et que la seule question est celle de la répercussion de la
hausse qui en résulte sur le consommateur, je n'aurai pas non plus perdu mon temps.

Pour commencer, il est parfaitement logique que le prix réel de la mobilité ait fortement
baissé depuis quelques décennies. Sinon, comment expliquer que les consommateurs français
puissent faire rouler 30 millions de voitures en 2008, au lieu de 3 millions en 1939 (une
voiture consommait alors à peu près la même chose qu'aujourd'hui), que le déplacement
moyen en voiture par personne et par jour soit passé de 0,01 km en 1900 à 25 km en 2000,
tout en travaillant moins en 2000 qu'en 1939 ou en 1900, et en ayant au passage aussi
augmenté la taille des logements, la nourriture consommée (alors que la part du budget
consacrée à l'alimentaire a été divisée par plus de 2 depuis 1930), les brosses à dent et
les téléviseurs, les lave-vaisselle et les tondeuses, le nombre de vêtements dans la
garde-robe, etc ?

Cette conclusion probablement étonnante pour d'aucun(e)s (que le prix de l'essence a TRES
fortement baissé depuis leur naissance) devient parfaitement normale quand on comprend ce
qu'est le "vrai prix" de quelque chose. Ce "vrai prix" n'est pas le prix en euros
courants, qui ne fait que monter depuis le début de la révolution industrielle, sauf
rarissime épisode de stagflation. Quand on se focalise uniquement sur les prix courants,
ce que votre profession aime beaucoup faire, on oublie que les revenus, en monnaie
courante, ont augmenté bien plus vite que les prix de n'importe quoi, sauf éventuellement
le logement, sur tout le cours du 20è siècle.

Comme nos revenus peuvent augmenter, mais pas le nombre d'heures par jour, desespérément
fixé à 24, le "vrai prix" de quelque chose est en fait le temps de travail nécessaire pour
s'acheter la chose en question, car là il y a une vraie limite physique. Le vrai prix d'un
bien, et d'autres l'ont dit bien avant moi, c'est "juste" le temps de travail nécessaire
pour pouvoir acheter le bien en question. On peut encore parler du prix rapporté au
pouvoir d'achat (ou la part dans le budget), et là on comprend bien que si le pouvoir
d'achat monte plus vite que le prix en monnaie courante, le prix réel diminue.

A l'aune de cet étalon, le prix réel de l'énergie a subi une division par 10 en gros au
cours du 20è siècle : je dois travailler 10 fois moins longtemps que mes (arrières-)
grands-parents pour me payer un kWh (de n'importe quoi, car on peut tout compter -
pétrole, charbon, gaz, électricité, en kWh), que je le consomme en direct ou qu'il serve à
fabriquer une maison, une tasse à café, une lampe, une tomate sous serre chauffée ou un
stéthoscope (ou un journal, car la pâte à papier sans énergie ce n'est pas facile facile).
Le baril valait... 20 $ de 2004 en 1880 (vous avez bien lu !), et il valait moins de 20$
de 2004 en 1970. Il valait toujours moins de 20$ de 2004 en 1990, après une hausse et une
baisse brutale, alors que depuis 1880 le pouvoir d'achat a été multiplié par plus de 10. CQFD.

Dans le même esprit, les carburants routiers valent 1,5 à 2 fois moins cher aujourd'hui
qu'en 1970 - donc AVANT le premier choc pétrolier - pour un smicard (qui doit donc
travailler 1,5 à 2 fois moins longtemps pour s'acheter un litre d'hydrocarbures
aujourd'hui qu'en 1970).

La démocratisation de l'auto due à la baisse du prix réel de l'énergie, je peux en fait
l'appliquer à tout. L'énergie abondante et à bas prix a progressivement permis au
consommateur occidental de se retrouver à la tête d'une armée d' "esclaves énergétiques",
qui nous fournissent objets et nourriture à profusion, mobilité à bas prix et tout ca pour
juste 35 heures par semaine.

En clair, c'est cette baisse continue du "vrai" prix de l'énergie qui explique très
largement la hausse du "pouvoir d'achat" que nous avons connue au 20è siècle. La
technologie sans l'énergie à bas prix, ca fait UN objet, pas des milliards d'objets
disponibles pour tous pour une petite fraction de son budget. Quels sont les pays qui ont
des objets à profusion autour de chaque consommateur ? Ceux où la consommation d'énergie
est très élevée...

Que l'énergie soit un facteur de production fondamental qui gouverne tout le reste, cela
n'a rien d'étonnant quand on se rappelle de ses cours de physique : l'énergie est la
grandeur qui intervient quand le monde se transforme (il y a "de l'énergie" quand il y a
modification de la température, de la forme, de la composition chimique, de la vitesse,
etc). De ce fait, transformer le monde pour produire des objets à partir des ressources
naturelles que nous pouvons y trouver, ou consommer de l'énergie, c'est à peu près bonnet
blanc et blanc bonnet. Même bouger un bras c'est consommer de l'énergie, celle des aliments !

Or les stocks d'hydrocarbures (gaz, charbon, pétrole) étant finis, l'approvisionnement en
énergie fossile va nécessairement passer par un maximum puis baisser ensuite, que le
consommateur occidental ait envie de l'entendre ou pas, et quoi qu'en pensent les vendeurs
de voitures aux Chinois et les conseillers du commerce extérieur (et ce maximum, pour le
pétrole, surviendra d'ici à 2015 selon l'essentiel des experts pétroliers, voir ci-dessous
; l'Agence Internationale de l'Energie - qui "fonde" toutes les prévisions
macroéconomiques de l'OCDE a des souhaits de consommateur, mais, aussi étonnant que cela
puisse sembler, pas des informations primaires de producteur).

Comme les hydrocarbures fournissent 80% de la consommation d'énergie de l'humanité (après
c'est le bois avec 10%, le nucléaire à 5%, hydroélectricité à 5%, le reste ne valant même
pas l'encre utilisée pour en parler ; l'éolien c'est 0,07% et le solaire photovoltaïque 10
fois moins !), cela signifie que le prix réel de l'énergie, après avoir connu une période
de 2 siècles de baisse, va probablement - à 7 ou 8 milliards d'humains au moins - se
mettre à monter pour de bon dans pas si longtemps que ca. En pratique, ca signifie que la
hausse des prix courants de l'énergie deviendra(it) structurellement plus rapide que la
hausse des revenus.

Il va donc arriver un moment - dans 5 à 40 ans, je sais que c'est large ! - où le
consommateur va devoir travailler de plus en plus longtemps pour se payer un kWh. L'autre
option, c'est Pol Pot à l'échelle planétaire (c'est à dire beaucoup moins de consommateurs
de manière brutale, ce qui permet à chacun d'entre eux de continuer sur sa lancée un
certain temps), et ca fait malheureusement peut-être partie des risques que nous courrons
si on laisse la régulation se faire toute seule...

Comme tout dépend de l'énergie, la conclusion logique est que dans pas si longtemps que
ca, le pouvoir d'achat va probablement se mettre à décroître de manière structurelle, et
la bonne question ne sera pas de savoir comment on distribuera les sucettes
supplémentaires,  puisqu'il n'y en aura pas, mais comment on sauvera la paix et la
démocratie dans ce contexte, si cette décroissance se ponctue d'épisodes genre 1929 de
temps à autres.

Ce message commence à devenir de mieux en mieux compris dans les milieux "techniques" (en
particulier au sein des grandes sociétés industrielles, bourrées d'ingénieurs, il y a de
plus en plus d'individus conscients de la chose), mais peine clairement à voir le jour
dans la presse. Je livre par exemple à votre sagacité cette phrase de Claude Mandil,
contenue dans un rapport rendu à Fillon il y a un mois (Claude Mandil était patron de
l'Agence Internationale de l'Energie jusqu'à l'année dernière, donc celui-là même qui
préfaçait le "World Energy Outlook" dont il est question ci-dessous - vous apprécierez le
revirement) :

"Il est de plus en plus communément admis que la production mondiale [de pétrole] aura du
mal à dépasser les 100 millions de barils par jour (contre 87 aujourd’hui) alors que la
prolongation des besoins tendanciels conduit à une demande d’environ 120 mb/j en 2030
(AIE, World Energy Outlook). Le risque existe donc que le monde connaisse une crise
pétrolière très sérieuse au cours de la prochaine décennie, avec des prix extrêmement élevés."

C'est peut-être ce rapport, soit dit en passant, qui explique que Fillon ait apparemment
commencé à expliquer qu'il fallait se faire à des prix élevés...

Pour info De Margerie (patron de Total) pense qu'on ne dépassera pas 95 millions de barils
par jour, soit un petit 10% de plus que maintenant, et l'ancien patron du "reservoir
engineering" de Saudi Aramco (Al Husseini) pense que l'on ne dépassera même pas 90 (rappel
: nous sommes aujourd'hui à 87), et que le plateau de production a en fait commencé (et
aussi, ce qui ne manque pas de sel pour un ancien dirigeant du pétrole saoudien, que les
réserves annoncées par les pays de l'OPEP sont surévaluées, le "pétrole inexistant"
atteingnant environ 30% des réserves mondiales). Si cet homme a raison, l'OPEP peut bien
dire ce qu'elle veut, elle est de toute façons physiquement incapable d'augmenter sa
production.

Bref, il faut se rappeler que l'avenir possède une fâcheuse manie : un jour il devient le
présent. Vous rendriez donc un fier service à mes compatriotes (et à la démocratie,
qui n'aime pas beaucoup les surprises majeures et encore moins l'effondrement
économiques auxquel nous irons d'autant plus vite que nous chercherons à faire croître le
PIB à bref délai, voir liens en bas de page) en cuisinant les élus sur le sujet un peu
plus souvent et un peu mieux, si je peux avoir un avis. Et pour être très précis, ce que
je souhaite correspond très exactement au contraire de ce que j'ai vu sur France 2 il y a
quelques jours, où, c'est le pompon, Nathalie Kosciusko est venue défendre... la loi sur
la modernisation de l'économie inspirée du rapport Attali (qui propose essentiellement, en
expliquant que ca va faire notre bonheur, de manger à vitesse un peu plus accélérée le
capital naturel), sans que  ca ne semble déranger personne !!!! La politique est un beau
métier, et journaliste politique aussi, parfois.

Bon, that's all folks ! Ah si, j'oubliais : même le directeur des études de Que Choisir a
dit dans Pèlerin Magazine qu'il ne fallait pas baisser la TIPP. Ce que fait Fillon
(ristourner le gazole aux pêcheurs), c'est, en croyant leur rendre service, leur mettre un
peu plus la tête sur le billot pour un peu plus tard.

Très cordialement à tou(te)s,

Jean-Marc Jancovici

Sommaire des liens du message ou quelques liens complémentaires :
- l'énergie ne vaut rien : http://www.manicore.com/documentation/esclaves.html
- ce qu'est une réserve de pétrole et comment la production de pétrole va évoluer "en
gros" : http://www.manicore.com/documentation/reserve.html
- concilier énergie fossile en baisse et PIB en hausse, on aura beaucoup de mal :
http://www.manicore.com/documentation/serre/kaya.html
- le prix du pétrole gouverne plus le taux de chômage que les souhaits de Sarko :
http://www.manicore.com/documentation/petrole.html
- avons nous "3 siècles de charbon" ? :
http://www.manicore.com/documentation/serre/fossile.html
- la prolongation des tendances, c'est l'effondrement économique (ce que dit aussi Stern)
et pas du tout la hausse perpétuelle du pouvoir d'achat avec juste les écolos qui gueulent
un peu de temps en temps :
www.manicore.com/documentation/club_rome.html

13:57 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

29.05.2008

« Energie, Démocratie, Europe » : E.D.E., toi et le ciel t'aidera !

Pour introduire cet appel à personnes intéréssées, j'attire votre attention sur un article intéressant sur Agora d'Aerobar Films, un ingénieur, producteur de court-métrage.

Son son court-métrage , réalisé en 2006 traduit bien que que nous sommes en train de suivre. J'ai un seul écart sur la perception. Le bouton Energy-Switch, nous ne l'avons pas ! La solution de l'atome,(bonne ou mauvaise, là n'est pas le sujet, et merci d'éviter dans les commentaires les habituelles rengaines entre pro et contre qui finissent toujours par être stériles) ne contribue et ne contribura que de façon marginale au développement de nos économies et à la garantie de notre bien-commun . Je rappelle que aujourd'hui, le nucléaire est 18 % de l'énergie totale en France (pas 7 % en Europe) et les potentiels de développement à l'horizon 2050 restent limités. Oui, il faut travailler à l'après 2050, mais assurons-nous déjà d'y arriver...

Nous pourrions appeler cela ainsi (texte écrit à 4 mains, merci cestbienG) 

« Energie, Démocratie, Europe » : E.D.E. toi et le ciel t'aidera !

Afin d’apporter des réponses efficaces et socialement acceptées aux contraintes énergétiques actuelles, détachée de tout dogmatisme ou effet de mode, une vision partagée doit être construite sur les enjeux, les risques et les opportunités de notre société, et plus généralement de l'humanité. Comme vous, nous avons si souvent assisté à des débats tournant à de sanglants pugilats faute d’un travail préalable ayant permis de développer un langage commun, une vision concordante de la situation présente. Quelle perte de temps et d'énergie !

Etablir un socle commun de connaissances, accessible à tous, voilà l'objet de ce groupe thématique : « Energie, Démocratie, Europe ». Ci-dessous, quelques éléments explicitant cette problématique au croisement de ces trois domaines.

« Energie » et notre addiction aux fossiles. Jusqu'à la première révolution industrielle et les premières extractions de charbon, l'énergie primordiale utilisée par l'humanité était l'énergie solaire. Le bois-combustible et le travail musculaire, fourni par l’animal ou par l’homme via leur nourriture, sont le produit de la photosynthèse. Or, depuis, nous avons assisté à un déstockage massif de ressources énergétiques fossiles dont l’emmagasinage dans notre sous-sol aura nécessité des millions d'années. Ces fossiles fournissent aujourd’hui 85% de la consommation énergétique humaine – les 15% restants consistant de quelque 10% de bois, 2% de nucléaire (18% en France), 2% d’hydroélectricité ; l’éolien et le solaire occupent une place marginale. Déjà en 1909 (!), Wilhelm Ostwald, dans son ouvrage "Energetische Grundlagen der Kulturwissenschaft" remarquait que ces réserves risquaient d’être considérées comme un héritage véritablement inespéré incitantson légataire, l’humanité, à vivre au jour le jour en perdant de vue les principes de l'économie de long terme ! Inexorablement, les ressources des pays producteurs s’amenuise  et la demande énergétique explose. Les tensions sur le gaz et le pétrole renchérissent les "liquides énergétiques" et rendent économiquement rentable le process dit du "Coal-to-Liquid", accélérant alors l’épuisement des stocks de charbon... En-dehors de toute querelle partisane, une intensification du recours à l'atome n'est simplement pas à l’échelle des enjeux temporels et quantitatifs.

« Europe » et la surabondance en produit dopant… Au cours du dernier siècle, la société européenne s’est entre-autres développée grâce à cet héritage inespéré, en augmentant insidieusement, année après année, la « dose » énergétique nécessaire. De façon imagée, le maintien du standard de vie actuel d’un Européen moyen (énergie nécessaire pour le logement, la consommation alimentaire et manufacturée et les transports) équivaut à l'effort colossal de 20 cyclistes professionnels pédalant continûment. Et ceux-ci ne sont payés qu’une misère pour le service rendu. Les dealers mondiaux ont pris conscience de notre addiction aux fossiles. Nous, les européens, sommes des nantis énergétiques tels qu’aucune société humaine n’a auparavant générés ni ne saura entretenir au cours du prochain demi-siècle : restons lucides, ces avancées technologiques qui justifient si souvent notre inaction ne constituent qu’un fragment de solution compte tenu du laps de temps imparti. Partant de l’échelon local, la cure à notre addiction doit se hisser jusqu’au niveau européen pour espérer servir de force d’entraînement au reste du globe.

« Démocratie » à préserver en limitant cette dépendance. Face aux menaces du changement climatique, de la déstabilisation du monde (émeutes, guerres, migrations forcées), la dépendance de l’Europe vis-à-vis de puissances extérieures accentue potentiellement la mise en péril de sa démocratie. Une transition énergétique s’impose à elle. Cette transition, déjà chiffrée par beaucoup d’experts en politique énergétique, n'est réalisable que si la sphère politique se libère de l’emprise extrême exercée par le citoyen devenu accro. Le courage politique doit être soutenu par les citoyens lucides souhaitant préserver leur liberté. Initions notre cure de désintoxication, les solutions (techniques, sociétales,fiscales…) sont connues. Positifs, nous devons regarder devant nous !

Vous voulez travailler avec nous au sein du groupe thématique MoDem, pour alimenter le travail sur le programme des élections européennes ? Contactez-nous ! (maj 2 juin08)

15:07 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : energie, développement durable, transitions, programmatique

26.05.2008

Energie, Démocratie, Europe

texte que j'ai soumis sur le site "projetdemocrate.eu" semaine dernière.

Energie, Démocratie, Europe

Mer, 05/14/2008 - 17:32 

En traitant un sujet de façon très sectorielle, on n'est pas en capacité de trouver des réponses qui puissent s'insérer dans un programme politique.

J'aimerais vous proposer d'aborder le sujet de l'Energie en juxtaposant deux autres champs, Démocratie et Europe.

La grosse difficulté que nous avons pour aborder le sujet "Energie" c'est que tout le monde à son avis sur la question. Nous sommes entouré d'énergie, mais l'énergie se mesure en Joules, KWh ou Calories, mais personne n'a jamais vu une Joule ni une kWh.

Si l'on veut être en mesure d'apporter des réponses partagées et efficaces sur l'Energie, loin de tout dogmatisme et effets de mode, une vision partagée doit être construite sur les enjeux, les risques et les opportunités de notre société, plus généralement de l'humanité.

J'ai si souvent assisté à des débats sanglants car les interlocuteurs qui s'étaient respectivement catalogés parlant l'un après l'autre sans s'écouter alors que vraiment si un minimum de travail avait été fait auparavant pour développer un language commun, il y aurait pu y avoir un réel affrontement sur le fond, faisant progresser le collectif.

En terme de méthode, avant même donc de vouloir proposer des solutions toutes faites, il est essentiel de developper un socle commun de connaissance, sinon nous allons tous perdre notre temps.

Si vous en êtes d'accord, listons ensemble un certain nombre de termes, de notions, de concepts, mais aussi d'ouvrages, de films qui peuvent faire parti de ce socle.

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Quelques mots sur Energie :

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Energie doit être remis dans son contexte historique. Jusqu'à l'utilisation de l'huile de pierre (pétrole) et charbon, la seule énergie que l'humanité utilisé était l'énergie solaire, d'abord transformé en énergie musculaire via la nourriture (photosynthèse), soit animale soit humaine. L'utilisation d'"huile de pierre" était anecdodique.

Depuis près de 150 ans, nous avons assisté à une révolution, que nous appelons industrielle, qui n'a été possible que grâce au destockage d'énergie que notre planète avait emmagasinée  il y a des millions d'années. Notre société s'est developpée grâce à cela. Nous savons que cela se terminera dans moins de 150 ans. Déjà en 1909 (!), Wilhelm Ostwald dans son ouvrage "Energetische Grundlagen der Kulturwissenschaft" remarque que les réserves capitalisées sous forme de combustibles fossiles était un vrai héritage inespéré et que le légataire serait inciter à vivre au jour le jour en perdant de vus les principes de l'économie à long terme !

La plupart des pays producteurs ont dépassé ce que l'on appelle le "Peak Oil", plus de la moitié de la production extraite. Les "Peak Fossil" charbon vont suivre très vite par les tensions sur le gaz et le pétrole va rendre les "liquides énergétique" chère et rend rentable le "Coal-to-Liquid" qui a des rendements très mauvais. Cette nouvelle utilisation du charbon va vider très vite les stocks.

Voilà ce que nous avons vécu les dernières années, à un tel niveau que l'européen moyen dispose de façon imagé l'équivalent énergétique de 20 cyclistes professionnels qui pédalent dans son jardin 24 sur 24. Histoire de couvrir l'énergie pour son logement, sa consommation ces transports. Pour le français, 4 des cyclistes fonctionnent aux fissibles (atomes), les 16 restants aux fossiles ! Nous sommes devenus fossiles-dépendants et une tension sur cette resources non-renouvelables (et non durables) ne peut que nous affaiblir.

Dans chaque produit que nous achetons, le contenu en fossiles est gigantesques. A titre d'exemple, en achetant du pain, on achète de l'engrais (à base de gaz naturel), du travail de la terre (force mécanique), de la transformation (électrique), du transport (essence),... Une étude de 2003 met en évidence que aux Etats-Unis, il faut fournir environ 1kcal de fossiles pour produire 1kcal de nourriture consommable sur la table de la ménagère (sur la totalité du cycle de la graine au produit emballé, sans prendre en compte la cuisson finale). De la même fàçon des études détaillent à partir d'analyse du cycle de vie (Cradle-to-Cradle) le contenu énergétique de tous les produits que nous consommons.

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Pourquoi y associer Démocratie et Europe ?

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Nous ne disposons pas de fossiles en quantité suffisante pour maintenir notre modèle de société dans les prochaines années. Pour les acquérir, nous sommes obligé de donner nos euros pour les transformer en pétro-dollar, en gazo-roubles ou en produits-yuan.  Il semble évident que cette dépendance aux dealers mondiaux est un risque majeur pour notre démocratie en Europe. C'est pour cela, nous devons commencer de fàçon urgente notre transition énergétique qui commence à être chiffrée par tous les Instituts de recherche en politique énergétique.

Cette transition n'est possible que si le politique n'est plus l'otage du consommateur d'aujourd'hui qui est un nanti énergétique comme aucune société auparavant n'a eu. Le politique doit être soutenu par le citoyen, par l'Homme qui veut rester libre.

Nous devons commencer notre cure de déxintocation. Car nous sommes au fond ! C'est toujours une phase délicate pour un drogué car il sait ce qu'il quitte mais il ne sait pas ce qu'il va trouver. J'ai l'intime convinction que dans 15 ans nous serons fiers d'avoir dit. En 2008, en travaillant sur le projet démocrate, j'ai repris ma liberté et c'est là que j'ai décidé de ne plus continuer à dilapider le capital qui git sous les pieds des autres !

----------------------------------------------------

Mettons nous maintenant au travail en construisant ce socle de connaissance et en racontant aux drogués que nous sommes comment la vie est belle une fois que la décision est prise que que peu à peu l'aliéné enlève ces chaines.

 
Qu'en pensez-vous ?

Qui veut travailler avec nous à quelques argumentaires, propositions, contre-argumentaires, mais aussi histoires vécus, retour d'expérience ?

Qui parmi vous a de l'expérience dans les campagnes de désintoxication, dans la théorie de l'engagement, dans les politiques de conduite du changement ?

Toutes les sources des documents cités sont à votre disposition.

 

15:17 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Trackbacks (1) | Envoyer cette note

14.05.2008

Peur ou Espoir

Mais où est l'appel à l'intelligence, la définition de Marc Sangnier, chère à beaucoup d'entre nous ?

« La Démocratie est l'organisation politique et sociale qui tend à développer au maximum la conscience et la responsabilité de chacun en lui permettant, dans la mesure de ses capacités et de ses forces, de prendre une part effective à la direction des affaires communes. »


Il y a c'est vrai deux façons d'aborder cette définition.
Une conservative, chargée de peur : Mon interlocuteur n'a pas les capacités et les forces, je m'occupe de tout.
Une progressive, chargée d'espoir : Mon interlocuteur a les capacités et la force, je lui fais confiance.

19:00 Publié dans sources où s'abreuver | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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