07.01.2009
lettre de voeux de Jancovici : égal à lui-même !
J'ai reçu, comme sûrement beaucoup de lecteur de Jancovici, ces voeux de bonne année ! La lecture (un peu long j'en conviens) mérite toujours le détour. Il en profite pour faire la promotion de deux ouvrages qui paraissent en janvier !
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Chers ami(e)s, collègues, et tout le reste de la ridicule fraction de la population francophone qui lira ceci (qui est bien un message de voeux, si si, il suffit d'attendre la fin),
Pendant 5 secondes, j'y ai cru. Pensez donc : c'est la première fois depuis que je suis né (et vous aussi) que nous avons à la fois un candidat qui a signé le pacte écologique, un N°2 du gouvernement en charge de l'environnement (même que le premier titulaire était ancien premier ministre), un Grenelle avec Greenpeace embrassant presque le Ministre sur la bouche, et enfin 2 prix Nobel (Sen et Stiglitz) chargés
de remplacer le PIB par quelque chose de plus djeun's. Ca ne faisait donc pas un pli : le plus célèbre jogger national était à 2 doigts
d'écrire avant moi quelque chose comme www.manicore.com/documentation/serre/decroissance.html
C'est dire si la guettais, pendant les voeux, la petite phrase du locataire de l'Elysée expliquant que ce qui nous arrivait ressemblait
bigrement à une crise de ressources (www.manicore.com/documentation/articles/Subprime.html), qu'il n'y avait rien d'étonnant à voir une récession à la suite d'une envolée du prix du pétrole, comme cela a toujours été le cas depuis 1970, et que l'urgence
était donc de "sortir l'économie du pétrole" si on voulait garder un bon souvenir de l'avenir en général et de lui en particulier (revoir
www.manicore.com/documentation/petrole.html, où je m'étais même permis un pronostic sur le chômage "entre 2007 et 2009" ; à l'époque j'aurais du parier quelques bouteilles de champagne si j'avais eu le coeur à le faire sur un sujet aussi peu comique).
Je le voyais donc arriver gros comme le nez au milieu de la figure, le couplet sur le fait que la relance serait environnementale ou ne serait
pas (en plus y avait qu'à copier Obama, même pas la peine que les conseillers de notre présent se creusent la caboche), puisqu'il n'y aura pas plus d'activités économiques sans ressources naturelles que de beurre sans lait. Et bien j'en aurai été pour mes frais : rien ! nada ! nib !
peau-de-balle ! bernique ! Pas le moindre atome de carbone dans l'allocution ! Pas la moindre ressource environnementale dans la feuille
de route ! Pas la moindre ambition de nous "sortir du fossile" alors que (presque) tout ce que la planète compte de pétroliers et de scientifiques du climat est pendu à la corde du tocsin !
Tiens, rien que pour rire, et pour vous montrer que je sais tout aussi bien faire la pub des autres, allez donc télécharger la manière dont
Shell - pas spécialement connu comme groupe d'activites écolos - voit notre avenir énergétique en "business as usual" dans les décennies qui
viennent : http://www.shell.com/home/content/aboutshell/our_strategy/shell_global_scenarios/shell_energy_scenarios_2050/shell_energy_scenarios_02042008.html
(il s'agit du scénario "scramble" dans ce document). Pour ceux qui n'auront pas le temps, je vous la fais courte (mais bonne) : si nous ne
prenons pas le taureau énergétique par les cornes très très très très vite, c'est le b... noir qui nous attend dans les décennies qui
viennent, et pas du tout la merveilleuse relance promise par tout ce que le gouvernement compte de doux rêveurs oubliant qu'il y a des limites
physiques à prendre en compte dans nos visions de l'avenir.
En prolongation tendancielle, le bazar n'attendra hélas pas 2100, ni même 2050, mais il sera là dans (moins d')une génération. Du pétrole en
quantités croissantes pour l'éternité ? Fume ! Dès à présent, une trentaine de pays producteurs de pétrole - et pas des moindres - ont
passé leur pic de production, ou vont le passer très prochainement (www.manicore.com/documentation/pic.html). Et on ne parle même pas du changement climatique, où les publications scientifiques récentes montrent à peu près toutes que l'évolution va plus vite qu'on ne le pensait avant, même si la température en France en ce 4 janvier vous persuadera du contraire (mais la France c'est 0,1% de la planète ; certes nous sommes au centre du monde mais nous n'occupons pas toute la place disponible :-) ).
Et à la place d'un plan qui ravirait les quelques millions d'enfants de notre pays, que nous concocte notre président ? Une "relance économique" basée sur ce qui a fonctionné au 20è siècle, en croyant que ca va continuer à fonctionner à l'avenir, avec force vente de voitures et kilomètres d'autoroutes, une pincée d'immobilier en banlieue étalée pour pimenter le tout (car l'étalement urbain est la conséquence concrète des prêts actuels), en nommant même un ministre pour faire le contraire de ce que devrait normalement faire Borloo. Y'a pas à dire, la politique c'est un beau métier.
Pour achever de faire sérieusement douter de la sincérité de notre premier magistrat quand il dit qu'il a compris le lien entre
environnement et économie ("vu de Mars", tout ca ne serait qu'une posture que les discours et actes ne seraient pas différents), nous
avons droit à l'admiration du président pour Allègre, remis en selle pour s'occuper d'innover dans la recherche. Pour les scientifiques du
climat, une telle nomination n'est pas beaucoup plus sympathique que si le président les avait directement injuriés en public, ou à peu près
(www.manicore.com/documentation/serre/ouvrages/verite.html). Quelqu'un pourrait-il faire respectueusement remarquer à notre amoureux transi que nous sommes au 21è siècle depuis 8 ans déjà, et qu'il est temps de laisser au vestiaire les croyances et personnages du 20è ?
Allons, ne nous laissons pas aller au désespoir, car il y a au moins un avantage à ce que notre Nicolas national ait décidé de parler d'avenir
sans parler d'environnement : je peux le faire sans que vous ayez à craindre le réchauffé. Mais avant de parler du fond, on va faire un
petit détour par la forme. En effet, à force de me faire réprimander par tou(te)s celles et ceux qui m'expliquaient que oui, Manicore, très bien
tout ca, mais que c'était un b... noir pour s'y retrouver, et que le graphisme devait dater de la grotte de Lascaux ou à peu près, j'ai enfin
franchi le pas du web 0,1 point zéro !
Manicore en 2009 vous offre donc :
- des menus déroulants permettant d'accéder à n'importe quelle page en un "one clic", et ce quelle que soit la page sur laquelle vous êtes,
- un moteur de recherche (merci google) accessible en permanence, quelle que soit la page affichée,
- un plan d'ensemble du site accessible en permanence
- un retour vers le haut de page accessible quelle que soit la page (quand vous êtes en bas),
- la bonne adresse de la page consultée qui s'affiche dans le navigateur, ce qui simplifiera les signets et les envois de pages aux cop(a)in(e)s à démoraliser,
- et je dois en oublier, puisque ce n'est pas moi qui ai fait le boulot :-)
Seul inconvénient : la techno moderne consomme du temps de CPU, et l'affichage des pages est désormais un peu moins rapide. On n'a rien
sans rien....
A l'occasion de ce grand nettoyage d'hiver, j'ai fait quelques mises à jour secondaires :
- sur la page sur les conférences passées
(www.manicore.com/documentation/articles/zazie.html ; surtout dans le bas de la page)
- sur les entretiens parus dans la presse (6 en 6 mois, ce n'est hélas
pas moi qui vais sauver la baisse des tirages ; www.manicore.com/documentation/articles/plein_critiques.html),
- sur la page pour les prochaines conférences prévues, les 3 prochaines en libre accès étant toutes parisiennes (www.manicore.com/documentation/articles/avenir_media.html)
Vous n'aimez pas l'informatique et préférez la "vieille" économie, avec force papier ? Tout est prévu ! Je suis en effet heureux de vous annoncer la prochaine parution :
- le 15 janvier prochain, de "le réchauffement climatique expliqué à ma fille" (www.manicore.com/documentation/articles/explique.html),
- et, une semaine après seulement (le 22 janvier), de "c'est maintenant !", qui constitue la suite du "plein s'il vous plait", avec la même
doublette infernale aux manettes (www.manicore.com/documentation/articles/maintenant.html).
Je précise que que, heureusement pour mon éditeur, on peut lire le premier même si on n'est pas ma fille (sinon, le pauvre, en financant un
bouquin pour 2 lectrices seulement, il se préparerait à boire un de ces bouillon, pire que la Société Générale), et qu'on peut lire le second
même si on n'a pas (encore) de fille !
Alors n'attendez pas : précipitez vous chez votre banquier, et implorez le à genoux d'utiliser une partie des 300 milliards du plan de sauvetage
des banques pour vous laisser augmenter votre découvert de 26,5 euros, parce que le sujet le vaut bien. Du reste, votre banquier tirerait le
plus grand profit de la lecture du second, puisque nous annonçons benoîtement que les crises environnementales se traduiront (entre
autres) par des déconfitures bancaires en série. Ca ne vous rappelle rien.... ?
Là-dessus, finissons par le meilleur, et le plus évident en ce 4 janvier de l'an de grâce 2009 : tous mes voeux pour l'année à venir, qui sera assurément une année "intéressante" sur les fronts de l'énergie et du changement climatique. Je ne sais pas si ca sera bon ou
mauvais, mais au moins l'ennui ne sera pas au rendez-vous, ca sera toujours ca de pris !
Très cordialement à tous
Jean-Marc Jancovici
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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le carbone
sans jamais oser le demander : www.manicore.com
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir etc mais sans aimer la lecture :
www.manicore.com/documentation/articles/conferences.html
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur VOTRE carbone
(contre une ridicule facture) : www.carbone4.com
Le CO2 et moi et moi et moi : www.bilancarbonepersonnel.org
Ah, ces journalistes... : www.combloux.com/entretiens-combloux-6.html
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16.12.2008
Corinne Lepage devant le Parti Démocrate Européen
"Nous sommes comme au début du 20ième siècle et nous nous demandions si nous devions investir dans l'industrie de la bougie ou dans celle de l'électricité" nous dit plus au moins Corinne Lepage.
Il serait vraiment dommageable que l'Europe ne prenne pas la pleine mesure de la crise en cours, qui est plus qu'une crise "cyclique" économique, mais bien de crise de civilisation. Alors que nous étions à l'avant-garde de la lutte et de l'adaptation au changement climatique, voilà que nous sommes en train de vouloir aider l'"industrie d'hier" -l'industrie automobile à 160-200 g CO2/km- au lieu de penser aux solutions réellement adaptées aux changements en cours. Les américains semblent prendre le virage, même s'ils partent de très loin. Où sont les européens ? Quid de la relance keynesienne sur des secteurs d'activités dépassés ?
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15.11.2008
Les "Pinocchio" du 2D, Diktat de la décroissance ou Liberté/Responsabilité du 4D !
Je vous invite à prendre part au prix Pinocchio du Développement Durable (2D). Il s'agit de décerner ce prix aux entreprises françaises qui utilisent ce terme juste à des fins cosmétiques.
Même si cela est affreusement passé inaperçu dans la presse française, nous avons passé le 23 septembre dernier, le jour de dépassement, l'"Overshoot Day", le jour où les activités humaines ont consommé tout ce que la Terre peut produire en un an !
Ainsi, à partir du 23 septembre, nous vivons "à crédit" sur notre planète.
La date à laquelle l'humanité a épuisé les ressources théoriquement produites en un an ne cesse d'avancer...et de s'accélérer. Le" jour du dépassement", inventé par les créateurs du concept d'empreinte écologique, tombait le 6 octobre l'année passée. Dix ans plutôt, il était en novembre, la première année durant laquelle les besoins de l'humanité avait commencé à excéder les capacités productives de la Terre étant 1986.
Face à cette situation, trois attitudes possibles :
La première, le "Business as Usual", libre (apparence de liberté en fait, cette impression, c'est l'effet de la "drogue") et irresponsable
La seconde, c'est faire la promotion de la décroissance, fini la liberté, pas question de responsabilité car à quoi cela sert sans liberté.
On a beau faire le tour de l'Europe, il n'y a pas de parti politique qui fait la promotion de la décroissance. "Decay" "das Fallen" ""Decadimento" ? Mais d'où vient cette invention française. D' erreurs de traductions ! De gens qui ne s'arrêtent qu'au titre. Le Club de Rome publie en 1972, un rapport intitulé Limits to Growth, on se sent obliger de le traduire en français Halte à la croissance. rien à voir, sur le message porté.Nicholas Georgescu-Roegen publie en 1971 un ouvrage titré The Entropy Law and the Economic Process et il faut qu'on le traduise sous le titre Demain la décroissance. Décroissance est un mot "obus" entend-on dire par leur promoteur, pour que l'on en parle. Je leur réponds, c'est en fait un mot "obtus", car il ne fait que prendre à contrepied le modèle de société dans lequel nous vivons, alors que c'est d'une refondation qu'il faut parler, d'un changement de paradigme (paradigm shift). Des "Paradigmwechsel","Ressourceneffizienz" des "power down" me vont bien car oui, nous allons devoir construire une société qui réduira sa consommation de ressources naturelles.
C'est avec décroissance qu'il vont mobiliser toute la société ? Mesdames, Messieurs, après le "Ensemble, tout est possible", voilà le "demain, la décroissance !"
La troisième, c'est rendre le Développement Durable Démocratique et Désirable (4D), comme je rappelle Corinne Lepage, Vice-Président du Mouvement Démocrate, lors des 15 minutes de ce discours le 15 juin dernier. C'est mettre responsabilité à côté de liberté, place que jamais elle n'aurait du quitter.
A vous de choisir pour juin 2009 !
23:58 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.10.2008
A new economy must be invented !
Pour donner une idée de notre dépendance énergétique, mais aussi de l’importance (et les ressources) de l’énergie solaire dans notre vie, rappelons que le total de l’énergies « industrielles » (quasi exclusivement fossiles) utilisé par l’humanité pour touts ces activités est d’environ 350 1018 J par an. [BP-Amoco Energy Statistics, 1999].
Rien qu'en une journée, la quantité d’énergie solaire disponible est 40 fois supérieure à la consommation totale annuelle ! Sur une année, c'est donc 15 000 fois plus côté Soleil que côté Fossile !
Seulement pour maintenir en fonctionnement le cycle de l’eau, 1 400 000 1018 Joules sont nécessaire annuellement, soit déjà 4000 fois l’énergie industrielle utilisé par tous les humains !
Creusons donc dans cette direction ! Plus notre sous-sol !
17:13 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03.10.2008
l'OIKOS-nomie à reconstruire
18:18 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.09.2008
Repower America
je vous ai parlé du discours du 17 juillet de Al Gore dans un précedent billet
L'association WeCanSolveIt continue sa croisade contre les intérêts de l'industrie pétroliere, qui pour eux n'a qu'un mot en bouche pour ressoudre le problème énergétique : "Dig, Dig, Dig" (Creuse, creuse, creuse..)
Ci-dessus une campagne publicitaire qu'il veulent lancer sur les grandes chaines américaines, ils cherchent des fonds !
01:12 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.09.2008
Economique et Communisme / Ecologique et Capitalisme
23:23 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.08.2008
Un nouveau Logo
11:05 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.08.2008
Et si c’était cela la malbouffe ? (2)
Et si c’était cela la malbouffe ?
Après l'américaine, voilà l'allemande qui est en train de boire, soit dans un verre de schnapps (5 cl), soit une grande bouteille (1,5 l) du gazole (Diesel), en fonction de la consommation de légumes de saison ou non !
Lors du précédent billet vous avoir présenter les résultats étonnants d’une étude américaine, qui se base sur une approche dite « top-down » (à l’échelle du pays) , il me semble important d’éclairer la question de notre « malbouffe » avec une approche « bottom-up », aliment par aliment comme cela a été réalisé il y a moins d’un an par le Bayerisches Staatsministerium für Umwelt, Gesundheit und Verbraucherschutz, en français, Ministère du Land de Bavière pour l’Environnement, la Santé et la protection des consommateurs. Une brochure grand public a été éditée.
Il en ressort que l'alimentation représente quelque 20% de la consommation énergétique (commerciale) totale allemande, en seconde position après le logement (32%) mais avant les loisirs (17%) ou la santé (12%).
Donnons deux ordres de grandeur afin de savoir de quoi on parle :
Il est important de voir que du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, la part du consommateur, de son déplacement initial au supermarché à la cuisson et la consommation, ne représente qu'environ 29% sur le cycle de vie des aliments. Comment vous l’achetez ou le préparer a donc un impact modéré, ce qui compte c’est les choses que vous achetez !
L'élevage du bétail destiné à la consommation (Erzeugung tierischer Lebensmittel) représente 44% de ce cycle et donc comme cela était à attendre un régime carné est plus consommateur de fossiles qu’un régime végétarien.
Cette brochure donne une série de chiffres clés, établissant des comparaisons fort instructives entre par exemple le contenu carbone d'aliments d'origine animale et celui d'aliments végétaux. Le contenu carbone est directement lié à la quantité d ‘énergies fossiles « destockés ».
Comme les étiquettes sur les véhicules commencent à être connu, pour faciliter la compréhension, je vais convertir les contenu CO2 en litre de diesel, bien que bien évidemment, le contenu carbone des aliments provient du charbon, du gaz naturel ou du pétrole !
En utilisant cette conversion (universelle), 1 litre de gazole des moteurs diesels émet 2,61 kg CO2, nous obtenons ces quelques chiffres en « équivalent en gazole »
1 kg de pain en nécessite environ 0,8 litre (780 g CO2) 1 kg de fromage, près de 3,2 litre (8350 g CO2) 1 kg de viande bovine presque 2,5 litre (6450 g CO2). Pour les bovins, il faudrait voir plus en détail si les émissions sont en CO2 ou en eq CO2 car les émissions de méthane des vaches (par eructation à 95 %, contrairement aux idées reçus) sont loin d'être négligeables et si tristement non valorisées !Ensuite, il existe un écart entre l'agriculture conventionnelle et l'agriculture labellisée "bio": en moyenne, près de 3 fois plus de consommation énergétique à l'hectare pour le conventionnel que pour le bio, principalement en raison de l'utilisation intensive d'engrais chimiques (c’est du gaz naturel, venu directement de Russie !) ainsi que du type d'alimentation des animaux d'élevage.
Aussi, un comparatif éclairant sur les modes de transport, où les statistiques montrent clairement qu'une consommation alimentaire durable se doit d'être régionale: quelque 76 g CO2 /kg de pommes importées en camion du Bodensee vers la Bavière, contre... 513 g CO2 / kg de pommes néozélandaises acheminées par bateau.
Et les fraises sud-africaines, les asperges chiliennes acheminées par avion? Jusqu'à près de 17000 CO2 / kg, une folie donc avec plus de 6,5 litres de carburant par kilo !
Pour finir, un point sur la consommation de produits saisonniers: 140 g CO2/ kg de laitue en saison (5 cl de diesel), contre 4450 g CO2/ kg (1,7 litre de diesel) de laitue poussant en serre chauffée hors saison...
Que retenons-nous de ces quelques chiffres :
- le premier billet a la vertu de frapper notre esprit en expliquant que 7kcal de fossiles sont nécessaires pour 1kcal d ‘aliments. La grosse difficulté, c’est qu’on a l’impression d’être impuissant devant une telle dépendance aux fossiles !
- Ce billet nous montre que la solution est aussi dans notre acte d’achat. Ce qu’il faut retenir, c’est achetons local, achetons de saison, plutôt des légumes, des céréales et des fruits, privilégions l’agriculture « Bio » qui s’oriente vers de la « Low External Input Agriculture –LEIA-».
- Bannissons les fruits et légumes venus de l’autre côté du globe, car les consommer, ce n’est pas faire un cadeau à l’agriculteur du Sud qui est poussait, lui aussi, dans la dépendance aux fossiles !
- Exigeons les autorités françaises à faire ce genre de brochure. Si l’Etat ne s’en charge pas , alors que les Régions s’en emparent. A l’exemple de la Région Alsace qui, l'an dernier, a tapissé de 4 par 3 les villes pour vanter les mérites du bio alsacien, très vite les producteurs et la filière s'organise et les entreprises de distribution suivront le pas.
- Pour conclure, en forme de clin d’œil j’invite le lecteur à revisiter la conclusion du Candide de notre Voltaire, dont nous fêterons le ¼ de millénaire l’an prochain : « Il faut cultiver son jardin ! »
merci à Seb pour m'avoir fait connaitre cette étude bavaroise !
12:12 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, co2, fossiles, industrialisation
Et si c’était cela la malbouffe ?
Et si c’était cela la malbouffe ?
Voilà cette américaine qui est en train de boire, à la louche, ½ litre de pétrole par jour ! Cela vous intrigue ? Alors suivez-moi !
Depuis le début de l’humanité, nous tirons notre énergie de ce que nous consommons. Nous avons la chance de vivre dans un environnement bienveillant et d’une énergie solaire qui irradie la Terre, nécessaire au cycle de l’eau et à la photosynthèse, base de la vie, telle qu’on la connaît.
Donnons deux ordres de grandeur afin de savoir de quoi on parle :
Le premier concerne l’énergie de la nourriture et celle du soleil : on estime qu’annuellement en moyenne 58600 GJ par hectare atteint le sol ce qui correspond à une puissance moyenne de 186 W/m². Dans le cas d’une des plantes les plus productives, comme le blé par exemple, on parle de rendement de 120 GJ par hectare, soit 500 fois moins ! Rien que pour la transpoévaporation de ce blé, 20 000 GJ par hectare sont nécessaire. (source ELS/Giampietro 2002)
L’autre concerne l’énergie fossile consommée : la puissance solaire utilisée pour maintenir heure après heure le cycle de l’eau, un des fondements de la vie sur Terre est d’environ 44 000 TW, soit 4000 fois la puissance totale extraite en 1999 de l’ensemble des énergies fossiles pour le support de l’ensemble de ces activités d’agiculture, d’industries, de transports, militaires, résidentielles et tertiaires ! (source BP-Amoco Energy Statistics 1999 in ELS/Giampietro 2002)
Qu'apprenons-nous de notre Histoire ?
Il y a plus de 10 000 ans nous étions tous des chasseurs-cueilleurs, la seule énergie que nous utilisions est celle du soleil, convertie en végétal via la photosynthèse et en viande via l’interaction entre les organismes sur la chaîne alimentaire, …
La révolution néolithique a permis une réelle avancé en utilisant l’énergie utile « métabolisée ». Le travail musculaire humain et celui des animaux domestiqués ont permis de devenir moins tributaire des aléas climatiques. Les techniques ont progressé au cours des millénaires et l’énergie alimentaire a pu être stocké apportant une plus grande sécurité alimentaire.
L’Histoire humaine est pleine de ces récits et le récit biblique en est un exemple. C’est grâce à sa capacité à décrypter les songes et sa prévoyance que Joseph, fils de Jacob -appelé aussi Israël-, vendu par ces frères et réduit en esclavage en Egypte, est devenu vice-Roi d’Egypte. Il parvient à expliquer le rêve prémonitoire du Pharaon des sept vaches maigres et des sept vaches maigres qui engloutissent les vaches grasses, comme les années de disette font oublier l'abondance et devient un homme libre. Sur ces conseils, on utilise alors les excès des premières années pour engranger des réserves destinées aux années de sécheresse. C’est en venant acheter du grain en Egypte que les autres fils de Jacob viennent alors en Egypte, Joseph leur pardonne et le peuple d’Israël restera sur les bord du Nil jusqu’à l’Exode, quelques siècles plus tard.
Alors que l’ensemble de ces processus de conversion énergétique était entièrement basé sur le soleil, quelques centaines de générations plus tard, une autre révolution, industrielle celle-là, marque l’Histoire. L’entrée dans la « Modernité » et l’ère des énergies fossiles (1859 Drake). Pour la première fois, nous avons commencé à utiliser des énergies non renouvelables (non solaire) pour soutenir notre agriculture.
L’industrialisation de l’agriculture, massive depuis les 3 dernières générations a entrainé une simplification des organisations fonctionnelles et structurelles des écosystèmes agricoles traditionnel. Sous l’effet de la globalisation, de moins en moins de surface désormais sont cultivées de manière traditionelle selon un système intégré de production agricole basé sur le cycle naturel nutritifs et énergétique solaire et des cycles garanties par l’interaction parmi les nombreuses espèces présentes dans l’agriculture pré-industrielle, appelé parfois en anglais Low External Input Agriculture (LEIA). En effet, le paradigme industriel nécessite une linéarisation des flux nutritionnels et énergétique obtenu par une utilisation massive d’engrais commerciaux, irragation. Or cette linéarisation n’est possible que grâce à l’usage important de nombreuses techniques (engins agricoles divers, pesticide, semence commerciale,…), lequelles sont fortement dépendante des énergies fossiles. Pour cette raison, cette agriculture est parfois appelée en anglais High External Input Agriculture (HEIA). (source Giampietro)
L’impact sur notre Environnement de cette agriculture moderne est important, d’un côté en réduisant les ressources naturelles (énergie fossiles, érosion des sols, pertes de diversité) et de l’autre en augmentant des nuisances (nitrates, gaz à effet de serre,…), mais cela n’est pas l’objet de ce billet.
Certes, en citant le rapport des Nations Unies sur «l’évaluation des Ecosystèmes pour le Millénaires, « entre 1960 et 2000, la production alimentaire mondiale a été mul¬tipliée par environ deux et demi tandis que la population humaine a doublé, passant de 3 à 6 milliards. », mais regardons de plus près la durabilité du système.
J’ai trouvé ces chiffres, que je vais présenter maintenant succinctement, dans une étude américaine, réalisée en 2000 au Center for Sustainable System de l’Université du Michigan qui est citée dans de nombreuses publications. Je suis encore à la recherche de chiffre en Europe, mais les conclusions doivent être à mon avis en 2008 en Europe assez semblables. Je invite à vous plonger dans ce rapport si vous voulez en savoir et je serais preneur de tous vos commentaires. Au cours de leurs recherches les auteurs ont analysé le cycle de vie de la nourriture au Etats-Unis, de la plante à la bouche des américains, les moyens de productions agricoles, le transport, la transformation ainsi que les habitudes de consommation.
Il en ressort d’abord qu’un américain a en moyenne à sa disposition 3800 kcal (4,4 kWh) de nourriture par jour.
Avec cette énergie, il maintient son corps à 37 °C et sa « machinerie » est capable d’exploits physiques incroyables mais aussi des plus grosses dérives. Et des inégalités croisantes !
Rien de bien nouveau me direz-vous. Oui, en effet. Ce qui est bien plus intéressant, c’est de savoir combien on utilise d’énergies non renouvelables avec l’agriculture industrialisée (HEIA) et ce mode de consommation (si semblable du notre !) pour en disposer ?
Les auteurs ont compulsé de nombreux documents et ont ainsi reconstruit en BTU/an (British Thermal Unit, encore une autre unité pour exprimer une quantité d’énergie) la consommation totale d’énergies non-renouvelables (fossiles en l’occurrence), qui peut facilement être diviser par la population américaine afin de connaître cette consommation par habitant.
Ma surprise a été de voir (ci-dessous) que dès la phase de production agricole, il faut 1,6 plus d’énergies fossiles que d’énergie alimentaire produite par les processus naturels. Mais ce n’est pas tout ! A ce stade, la nourriture n’est pas arrivé à la bouche des américains. Le transport, à lui seul, nécessite autant d’énergies fossiles que d’énergies contenues dans la nourriture transportée ! La dessus, la nourriture est préparée industriellement, packagée dans des produits de la pétrochimie, distribuée dans le réseau de distribution et enfin préparée dans la cuisine (de moins en moins) des américains et peut être consommée !
Et c’est ainsi que plus de 7 kcal d’énergies non renouvelables sont nécessaires pour fournir une kcal alimentaire !
Quelles conclusions en tirons-nous ?
- cette étude ne confirme pas les 10 kcal pour 1 kCal qui a été rendu populaire dans un livre de Dale Allen Pfeiffer et remis récemment en circulation dans le numéro spécial d'avril « s’extraire du pétrole »d'une revue de l’Union Européenne.
- Admettons que le ratio de 7 de l’étude soient exagéré, disons doublé par exemple (les experts en agro-alimentaire, n’hésitez pas à m’écrire). Si le modèle existant en train de coloniser la planète induit l’extraction de 3 kcal non renouvelables par kcal alimentaire, cela seraient une tragédie et une dépendance dramatique de nos systèmes économiques et sociaux ! Une dépendance tragique et fatale !
- Les dernières semaine, des discussions ont eu lieu à l’OMC sur les accords agricoles prônant une industrialisation encore plus forte de l’agriculture et le développement des échanges commerciaux, je ne peux pas croire que les lobbyeurs en tout genre n’ait pas connaissances de ces chiffres et analyses, qu’ils s’agissent des américains, européens et producteurs des pays en émergence, tous très grands consommateurs d’énergies fossiles. Où sont leurs responsabilités de citoyen du monde ? Qu’en pense Monsieur Lamy ? Qu’en pense les Messieurs de la FNSEA ?
- Si Monsieur Barnier (ou un de ces conseillers alertés par un outil de veille) lit ce blog, je souhaiterais avoir son avis d’ancien ministre de l’Environnement, ministre dont j’avais, dans les années 90, apprécié sa vision assez humaniste de sa mission dans son ministère. J’aimerais avoir sa proposition pour une transition vers une agriculture nourricière et durable, c’est à dire une agriculture basée sur l’énergie du soleil et avec des systèmes économiques et sociaux où la résilience est reconstruite !
- De chasseurs-cueilleurs, nous avons mis des centaines de générations pour devenir éleveurs-agriculteurs : En même pas trois générations, nous voilà consommateurs-emprunteurs ! Combien de temps !
- Pour conclure, en forme de clin d’œil j’invite le lecteur à revisiter la conclusion du Candide de notre Voltaire, dont nous fêterons le ¼ de millénaire l’an prochain : « Il faut cultiver son jardin ! »
Grazie mille a Pietro Giampietro per i documenti mandati. Mi hanno molto aiutato !
01:07 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, paradigme, modernité

