Liberté, Egalité, Fraternité

"L'identité nationale française porte un idéal de résistance" : F. Bayrou (Projet Espoir-2007)

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20.06.2008

Transition vers l’après-pétrole abondant

 

l’avis de l’Indienne, du Français et de l’Allemand !

Source : research*eu, magazine de l’espace européen de la recherche, numéro spécial d’avril 2008, article de Yves Sciama, commenté par moi-même (en italique).

 

Il n’y a aujourd’hui plus grand monde pour contester que les menaces – les défis, pour les optimistes – s’accumulent sur le chemin de l’humanité. Les institutions les plus officielles rejoignent désormais les habitués de la critique sociale pour affirmer que notre développement n’est plus soutenable, et que nous risquons la catastrophe à moins de profonds changements. Mais lesquels? Faut-il plus ou moins de commerce international, de marché, de réglementations? Quelles technologies, quelles pratiques sociales méritent d’être appuyées, ou à l’inverse combattues? Faire émerger démocratiquement le projet commun qui manque cruellement à l’humanité suppose un débat courageux, éclairé et sans tabou. Pour y contribuer, fut-ce modestement, nous avons posé à trois personnalités d’envergure internationale, issues d’univers très différents, quelques-unes de ces questions cruciales pour notre avenir collectif. Chacune y a répondu indépendamment des autres. Leurs réponses, assemblées par nos soins, offrent au lecteur une réserve d’idées fécondes et très contrastées.

 


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Vandana Shiva, 56 ans, est docteur en physique et en philosophie des sciences. De nationalité indienne, écrivain, écologiste et féministe, c’est une chef de file du mouvement altermondialiste au plan international, dont l’engagement pour la nature et les opprimés a été récompensé par de nombreux prix. Elle dirige l’association Navdanya, qui milite pour une agriculture respectueuse de l’environnement et s’efforce de réactualiser les savoirs agronomiques traditionnels. © GNU Free Documen

 

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Claude Mandil, 66 ans, est ingénieur, issu de la prestigieuse Ecole Polytechnique française. Il a dirigé le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM), l’Institut Français du Pétrole (IFP) et a été directeur général délégué de Gaz de France. Il vient de quitter le poste de directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), qu’il avait occupé durant 4 ans. C’est en son nom personnel qu’il répond donc à nos questions. © OECD/IEA

 
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Achim Steiner, 47 ans, a étudié la philosophie, l’économie et les sciences politiques à l’Université d’Oxford, puis à la Harvard Business School. Il a été secrétairegénéral de la Commission Mondiale des Barrages, et a dirigé pendant cinq ans l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature), l’ONG qui fait référence en matière de biodiversité mondiale. Il est depuis juin 2006 directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). © UNEP

Pensez-vous que les prix très élevés du pétrole s’expliquent par des raisons circonstancielles ou qu’ils vont durer?

Vandana Shiva Ces prix sont logiques et n’ont rien de circonstanciel. Tous les experts indépendants nous disent que nous avons déjà atteint le pic pétrolier ou qu’il est imminent. La principale préoccupation des compagnies pétrolières étant de maintenir notre dépendance aux hydrocarbures le plus longtemps possible, elles sont particulièrement opaques sur l’état exact de leurs réserves, mais la vérité est maintenant connue.

Claude Mandil Il n’est pas impossible qu’à court terme, s’il y a une crise économique, le prix du pétrole subisse une très sévère correction. Mais je pense que nous sommes sur une tendance lourde au pétrole cher, moins à cause du manque de ressource physique que par manque d’investissements pour l’extraire. L’essentiel des réserves de pétrole est, en effet désormais entre les mains de compagnies nationales (du Mexique, de la Russie, du Moyen-Orient, de l’Iran…), dont la priorité n’est pas d’investir. Il y a une recrudescence du nationalisme pétrolier, dans un contexte plus général de nationalisme énergétique qui se manifeste même dans certains pays d’Europe. Soit dit en passant, l’après-pétrole n’est pas pour demain. Disons plutôt que nous entrons dans une période de pétrole plus rare, plus difficile d’accès et plus cher.

Achim Steiner Les prix élevés actuels résultent d’une conjonction de facteurs: niveau des réserves globales, croissance mondiale, politique des pays producteurs. Mais comme défenseur de l’environnement et comme économiste, je pense que le prix des combustibles fossiles devrait refléter les coûts qu’ils infligent à l’économie au sens large – et si c’était le cas les prix seraient sans doute encore plus élevés. Car ces combustibles augmentent la quantité de gaz à effet de serre de l’atmosphère, ce qui multipliera les évènements extrêmes et élèvera le niveau marin, provoquant disparition de terres agricoles et destruction d’infrastructures. Mais leur utilisation augmente également le niveau des polluants qui détériorent la santé publique dans les villes, acidifient les pluies et donc endommagent des écosystèmes productifs tels que forêts, lacs, estuaires ou littoraux. Nous savons qu’il restera des combustibles fossiles pendant longtemps encore: donnons-leur un vrai prix, qui incite à les utiliser le plus efficacement possible et à développer des énergies alternatives, allant du solaire à l’hydrogène…

 

Un Rappel : En ce qui concerne la consommation en énergie primaire, au niveau mondial, le fossile (pétrole, gaz charbon) représente 85 %, la biomasse 10 %, l’électro-nucléaire et hydraulique 2% chacun, tous le reste pour solaire (thermique, phovoltaique, éolien,…). L’efficacité des systèmes énergétiques nationaux (habitats, consommation, transports) au niveau mondial est à l’image de celle de la France et de l’Allemagne : 34 % de rendement. En terme d’image pour faire comprendre cela à vos interlocuteurs, pour comprendre l’aberration, servez-vous trois verres de bon vin au début du repas, jetez en deux et buvez en un seul ! Et ce n’est pas que de la faute de Carnot !

Mon commentaire et mon avis : oui, il y a bien un sous investissement du côté amont de la chaîne (extraction, …) et de la spéculation autour du pétrole aujourd’hui. Le prix du pétrole va baisser en valeur dans les prochains mois/années en Dollar par baril. Mais quand sera-t-il en Euro par baril ? Or nous européens, c’est cela qui nous intéresse ! Consommateurs de fossiles, en dépendance, en aucun cas nous serons les vrais faiseurs de prix, tant que nous ne pourrons pas nous extraire des fossiles pour notre bien-être et prospérité.

 

 

Pensez-vous, comme l’AIE, qu’un développement à grande échelle de l’utilisation du charbon est inévitable? Le captage et le stockage du CO2 (CSC) pourraient-ils pallier les conséquences climatiques désastreuses d’une telle évolution?

V.S. Le développement du charbon n’est inévitable que si nous nous obstinons dans la voie du gâchis énergétique, et si l’économie continue à promouvoir des solutions industrielles même lorsqu’on peut s’en passer. Dans ce cas, évidemment, tout basculera sur le charbon à mesure que le pétrole et le gaz s’épuiseront. Quant au CSC, il n’y a pas encore de preuve qu’il fonctionne. De plus, introduire à l’échelle industrielle des gaz ou des liquides (tout comme des gènes!) là où ils n’ont pas leur place n’est jamais sans conséquence sur l’environnement. Cela fera en outre perdurer l’usage des combustibles fossiles alors qu’il nous faut promouvoir les renouvelables – encore du temps perdu pour l’humanité.

C.M. L’expansion future du charbon est une évidence: les économies chinoises, indiennes ou nord-américaines reposent massivement sur le charbon, qui a toutes les qualités: bon marché, abondant, bien réparti… Son seul défaut est d’émettre beaucoup de CO2. C’est pourquoi il n’y a rien de plus important que de réussir le captage et le stockage du CO2. Certes cela pose des problèmes techniques et économiques pas encore tout à fait résolus, et sans doute des problèmes d’acceptabilité sociale dont les gouvernements devraient se préoccuper dès maintenant. Mais nous sommes condamnés à réussir, sinon la planète ira au-devant de jours difficiles. Il ne faut en outre pas dramatiser les risques: le CO2 n’est pas un produit toxique, il est naturellement abondant dans l’atmosphère et le sous-sol.

A.S. Le GIEC a consacré un rapport spécial au CSC, et estime qu’entre 15% et 55% de l’effort nécessaire à la stabilisation de nos émissions pourrait provenir de cette stratégie. Il y a une très grande capacité de stockage géologique sur la planète: de l’ordre de 2000 Gt (milliards de tonnes) de dioxyde de carbone! Le consensus scientifique laisse à penser que ce gaz pourrait être stocké sous forme liquide pendant des millénaires sans revenir vers l’atmosphère. Mais il est important d’établir des normes de base et des procédures sécurisées: les producteurs d’énergie risquent de ne pas investir dans cette technique si un risque de fuite les menace juridiquement. L’option la moins chère serait de fournir cette technologie à des pays comme la Chine afin de l’intégrer aux centrales nouvellement construites, plutôt que de devoir les équiper a posteriori.

 

Un Rappel : Les stocks de charbon sont disponibles géographiquement proches des zones de consommation énergétique.

Mon commentaire et mon avis : oui, les forces du marché (la main invisible d’Adam Smith) nous entraînent dans cette direction, c’est inévitable tant que le politique ne prend pas le sujet en main. Et comme le CSC est une utopie technologique encore et à l’horizon de 2040-2050 (EU dit 2020,…) pour son industrialisation mondiale, nous allons encore et encore déstocker du carbone. La solution existe en donnant une valeur économique (politique) au CO2 émis que nous allons années par années faire augmenter au borne du territoire pertinent (Europe par Exemple). Ainsi le signal-prix pour la prospection/production est découplé de celui pour la consommation/conservation et rendre robuste et résilient notre système socio-économique.

 

                                                                                                                                             

 

Le système des permis d’émission pourrait-il financer le CSC? Plus généralement, êtes-vous favorable à ce système?

V.S. Le système des permis d’émission est à la fois éthiquement inacceptable et économiquement inadapté. Il est inacceptable parce qu’au bout du compte c’est un système qui récompense le pollueur – alors que depuis le sommet de Rio, la communauté internationale a adopté le principe du pollueur-payeur. En outre, toutes sortes d’aménagements pervers sont en train d’être mis sur pied dans le cadre de ces permis d’émission, notamment le mécanisme dit de développement propre (CDM). Sous couvert de ce système, on génère énormément d’activités polluantes en Chine et en Inde, en se félicitant d’avoir abaissé leur pollution de 10%, alors que l’on ignore des options 100% propres! En Inde, les aciéries dites à fer spongieux peuvent être financées avec des CDM alors qu’elles sont écologique- ment et socialement désastreuses. Par ailleurs, les permis d’émission constituent un système inadapté car il repose sur le paradigme industriel, ce qui le rend incapable de prendre en compte les besoins de systèmes traditionnels basés sur les renouvelables – il ignore ainsi totalement les besoins des pauvres de la planète.

C.M. Ce qu’il faut pour développer le CSC, c’est assigner un coût au carbone émis dans l’atmosphère, afin qu’il soit plus économique de l’enfouir. Ce coût peut être engendré par une taxe, ou une obligation réglementaire, ou encore un permis d’émission payant. Ce dernier me semble de loin la meilleure formule, car il permet de mettre en oeuvre les solutions à moindre coût. Je suis plutôt optimiste sur son avenir: l’expérience européenne a été très intéressante. Elle a été critiquée, mais l’Europe essuyait les plâtres, il y aura des améliorations, et je note qu’un nombre croissant de pays se déclare intéressé. On peut espérer une forte expansion de ce système dans les prochaines années, même s’il ne sera jamais universel et parfait, et qu’il devra prendre en compte les cas particuliers de certains pays ou secteurs industriels.

A.S. C’est certain, un marché de permis d’émission conçu intelligemment pourrait stimuler le stockage du carbone, et améliorer plus généralement l’efficacité de l’utilisation du charbon. Il appartiendra aux politiques de dire s’il faut mettre en place un tel système et d’éventuels aménagements particuliers pour les pays pauvres. Mais il ne faut pas oublier que, dans bien des pays, le défi est d’apporter l’électricité aux populations rurales malgré l’absence de réseau – et ici des solutions comme le solaire ou l’éolien peuvent s’avérer efficaces et bon marché.

 

Un Rappel : Les stocks de charbon sont disponibles géographiquement proches des fortes zones de consommation énergétique.

Mon commentaire et mon avis : Un système de permis d’émissions est un des outils qui peut être utilisé pour aller chercher les solutions de production et de conservation d’énergie les plus économiquement efficace. Cet outil reste un outil d’optimisation lorsque nous sommes sur un scénario qui semble acceptable. Or, peu à peu, de lecture en échange avec des scientifiques de tous secteurs, je commence à avoir clairement la conviction que nous sommes là avec des mesures du second ordre. Pour commencer la transition vers une société post-(carbone dominant) et sobre en énergie, il faut travailler à la résilience de notre système socio-économique. Cela veut clairement dire, qu’il soit diversifié, modulaire et les boucles de rétroaction courtes et puissantes. Aujourd’hui, l’acteur économique n’est pas incité à des comportements vertueux d’un point de vue énergétique (favoriser la conservation par rapport à la consommation) car il ne porte pas l’ensemble des conséquences de ces actes. Il redeviendra citoyen lorsque de consommateur, il deviendra producteur, si ce n’est pas à l’échelle individuelle, du moins à l’échelle de la communauté locale, qui a pour lui un sens sociologique (village, quartier, ville,…). C’est par là un changement de paradigme.

 

 

 

Que faut-il penser des biocarburants, qui font couler beaucoup d’encre?

V.S. La majorité des pauvres du monde utilise la biomasse comme source d’énergie – prise dans cette acception la notion de biocarburant n’est pas un problème. Le problème, c’est la transformation par des procédés industriels de végétaux en éthanol et en biodiesel. D’abord parce que de plus en plus d’études montrent que la production de ces agrocarburants consomme plus d’énergie qu’elle n’en économise. Ensuite et surtout parce qu’en essayant de répondre aux besoins d’une économie «tout fossile» par le détournement de nourriture et de terres agricoles, nous générons une crise énorme pour les plus pauvres. En Inde, un plan gouvernemental récent prévoit de planter à terme 11 millions d’hectares de jatrophapour produire des agrocarburants. Les plantations se font souvent sur des terres communautaires dont les paysans sont chassés, parfois de manière violente. En pratique, les besoins des pauvres sont bafoués pour que les riches puissent continuer à conduire leurs voitures.

C.M. L’AIE dit, depuis longtemps déjà, que beaucoup de carburants mis sur le marché sont en réalité plus nuisibles qu’utiles. L’idée que, si l’on veut utiliser des biocarburants, il faut les produire sur son propre territoire est absurde: les conditions de coût et de climat en Europe rendent ces carburants trop chers et trop émetteurs de CO2. Je crains que les objectifs de l’Union ne soient difficiles à atteindre de façon durable… Au fond, le mieux est sans doute tout simplement d’importer de l’éthanol du Brésil où on le produit mieux et moins cher, en attendant la seconde génération de carburants à base de bois ou de plantes entières.

A.S. Il est indispensable que des critères de durabilité soient mis au point et appliqués à la production de biocarburants. Il ne serait pas juste que, pour se conformer à de nouvelles normes européennes ou nord-américaines, des forêts tropicales soient défrichées afin de produire de l’éthanol ou du biodiesel. Ou que des terres agricoles soient reconverties. D’ailleurs, s’il s’avère impossible de rassurer les consommateurs sur le caractère éco-compatible de cette production, un retour de bâton est inévitable. Cela dit, les biocarburants pourraient permettre de relever une partie du défi climatique tout en fournissant aux agriculteurs des pays développés et en développement de nouvelles sources de revenus. Le Brésil affirme qu’il peut accroître sa production d’éthanol sans déforestation supplémentaire et, de fait, malgré la croissance des biocarburants, ce pays a réduit de 50% en trois ou quatre ans la déforestation. Donc c’est possible.

 

Un Rappel : Rien à dire de particulier

Mon commentaire et mon avis : Rien à dire de très neuf

 

 

Le système énergétique des pays émergents connaît actuellement un développement rapide. A-t-il une chance d’emprunter une trajectoire durable?

V.S. Les forces qui tirent le développement énergétique de nos pays (Inde, etc. – NDLR) dans des directions non durables sont les mêmes que celles qui ont poussé au «tout hydrocarbure» dans les pays industrialisés. Ces forces, notamment l’agribusinessou l’industrie automobile entrevoient maintenant le développement de leurs marchés dans des pays comme l’Inde. On annonce par exemple le lancement chez nous d’une «voiture populaire» à 2500 dollars. Or à ce prix-là, elle n’aura rien de populaire: à peine 5% d’Indiens pourront se l’offrir! Et l’usine où elle sera fabriquée, comme l’aciérie qui l’alimentera, sont installées sur des terres d’où l’on a exproprié les paysans, parfois en leur tirant dessus. Le port d’où viendront les pièces détachées empiète, lui, sur une mangrove qui protège naturellement les populations des cyclones. Un autre exemple: en Inde comme en Europe et aux États-Unis, toutes les subventions vont à l’agriculture industrielle, dix fois plus énergivore que l’agriculture biologique. En fait 95% des Indiens ne veulent pas de ce système énergétique, ils veulent simplement vivre – ce que seuls des systèmes durables peuvent leur permettre.

C.M. Du côté de la Chine, il y a une très forte volonté de prendre en compte ce problème, et je sens ce pays prêt à faire de gros efforts pour développer les renouvelables, le CSC et le nucléaire – même si tout dépendra en partie des négociations des deux prochaines années. La Chine prend d’ores et déjà des mesures d’efficacité énergétique: c’est par exemple le pays du monde où le taux de pénétration des ampoules basse consommation est le plus élevé. Et en matière automobile, les normes y sont calquées, avec deux ans de retard, sur les normes européennes. Sur ce terrain, les Chinois sont très en avance sur les Américains! Pour les autres pays émergents, ce sera sans doute plus difficile; leur politique est plus chaotique que celle de la Chine. Mais il nous faut espérer quand même car, si nous échouons, le réchauffement climatique risque d’être au dessus des prévisions du GIEC et de générer des coûts d’adaptation exorbitants.

A.S. Il y a des signes positifs. On critique souvent la Chine parce qu’elle construit une centrale au charbon par semaine, mais en fait il s’agit souvent du remplacement d’installations anciennes par d’autres plus efficaces. L’Afrique du Sud et le Brésil utilisent maintenant des indicateurs de durabilité et, en ce qui concerne les énergies renouvelables, deux des plus grosses compagnies mondiales sont en Chine et en Inde. Mais il est évidemment urgent d’accélérer les transferts de technologie vers les pays en développement. Signalons en passant que la feuille de route de Bali, qui servira de base aux futures négociations climatiques, s’y réfère explicitement. Et puis il faut accélérer la recherche: durant la dernière crise pétrolière, à la fin des années ‘70, un milliard de dollars avait été investi dans la recherche sur le solaire – ce qui a augmenté l’efficacité du photovoltaïque de 50%!

 

Un Rappel : Rien à dire de particulier

Mon commentaire et mon avis : Avec une forte industrialisation, extrêmement rapide, les acteurs économiques privilégient les solutions vite mises en place (basée sur des énergies stockages et denses, et avec le pétrole on a rien de mieux) et l’optimisation énergétique n’est pas la priorité. Il est clair que les dirigeants chinois  vont le même constat que les européens sur leur dépendance énergétique et donc fragilité stratégique…  

 

 

Le nucléaire peut-il, selon vous, nous aider à réussir notre transition énergétique?

V.S. On a parfois l’impression que depuis la découverte du réchauffement climatique, toutes les formes d’énergie qui n’émettent pa  de CO2 sont devenues «durables». Or ce n’est certainement pas le cas du nucléaire, qui est dangereux et génère d’énormes volumes de déchets toxiques. Même l’hydroélectricité n’est pas toujours durable: il y a en Inde un puissant mouvement populaire d’opposition aux grands barrages qui – comme celui des Trois-Gorges en Chine – détruisent les rivières, génèrent des glissements de terrain et un risque industriel. 50 millions d’Indiens ont déjà été déplacés par les barrages! Dans les pays comme l’Inde, les énergies consommatrices de capital ne sont pas très adaptées: il nous faut régénérer les systèmes énergétiques renouvelables locaux, l’énergie animale, la biomasse, le biogaz que Ghandi avait déjà, en son temps, promu à grande échelle.

C.M. L’énergie nucléaire est absolument indispensable. Je ne vois pas comment on peut sérieusement envisager le développement durable sans une part de nucléaire dans le bouquet énergétique mondial. Hélas, cette part risque de baisser dans les 20 prochaines années, car beaucoup de centrales vont arriver en fin de vie et ne seront pas toutes remplacées. Il me semble pourtant qu’il y a une certaine contradiction à vouloir, comme l’Allemagne, à la fois baisser ses émissions de CO2, ne pas trop dépendre du gaz russe, et sortir du nucléaire! Par contre, je crois que l’on ne devrait pas favoriser le développement du nucléaire dans des pays qui n’ont pas une autorité de sûreté à la fois compétente et complètement indépendante. J’entends par là capable de fermer une centrale dangereuse malgré un coup de fil du chef de l’État!

A.S. Cela reste à voir. Le nucléaire induit un risque de prolifération, un risque terroriste, et des tensions géopolitiques d’ores et déjà visibles. Sur le plan économique, si l’on compte  les coûts de la construction des centrales, de leur démantèlement, et du stockage des déchets, il n’est pas certain que le nucléaire ne nous coûte pas plus cher à long terme qu’un investissement massif dans les renouvelables.

Un Rappel : Rien à dire de particulier seulement que l’on parle ici de 2 % de la solution dans le monde (avec  un « quintouplement », si les resources le permette, nous ne parlerons pas plus de 10 % !) Je vous laisse à votre conviction sur les bienfait ou non du nucléaire, en tout cas, nous ne parlons que d’une solution de deuxième ordre.

Mon commentaire et mon avis : Il est intéressant de voir combien l’avis est là aussi contrasté entre le français « centralisateur et jacobin » Mandil et l’allemand « libéral » Steiner, presque caricatural. Le nucléaire et le charbon, solutions historiques des deux pays. On oublie avec l’une ou l’autre des solutions cette nécessité de résilience et ce changement de paradigme, avec le retour au local. Nucléaire et charbon sont cependant nécessaire pour cette phase de transition vers la société post-carbone et sobre en énergie. Un vrai projet de civilisation qui passe par la dématérialisation de l’économie et la résilience de nos communautés, de la cellule familiale à l’agglomération, en passant par le village et le quartier. Combien de charbon encore et combien du nucléaire, je ne me suis pas encore fait d’idée arrêter car cela dépend que de la rapidité de la phase de transition. Et cela dépend de courage de nos politiques et de notre maturité face à ce challenge

 

 

Est-il possible d’aller vers un développement durable sans réduire notre niveau de consommation, voire sans interroger la notion de croissance, au moins dans les pays riches? Notre système économique est-il capable d’une telle évolution?

V.S. Je ne pense pas que l’économie de marché parviendra à nous assurer un avenir sans un ensemble de régulations politiques et sans soutien aux systèmes de production énergétiquement non intensifs. Si la transition vers le monde de demain se fait démocratiquement, par la discussion, l’anticipation, dans un contexte éclairé, elle peut déboucher sur une société plus équitable, avec un plus haut niveau de bien-être. À l’inverse, si une élite puissante continue à imposer des voies non durables pour faire perdurer un système sans avenir, en déniant aux pauvres leur part des ressources, alors nous verrons une érosion puis une destruction de la démocratie, un accroissement de la violence, et une véritable désintégration sociale. Au modèle dominant, centralisé, dirigé par une poignée de grandes entreprises, symbolisé par la monoculture et l’uniformité, il nous faut substituer un modèle basé sur la décentralisation et la diversité. Mais pour cela il nous faut aussi une transition éthique. Que signifie vivre pleinement une vie humaine? Le marché n’a pas de réponse à cette question, c’est à la société d’y répondre.

C.M. Il est certain qu’il va falloir mettre en place des changements profonds. Entre autres  choses dans notre utilisation de l’énergie, où heureusement nous sommes très loin d’avoir épuisé toutes les possibilités de gains en efficacité. Il y a aussi quelques révolutions à faire dans les transports: peut-être le véhicule électrique, peut-être d’autres façons de concevoir la combinaison transports individuels/collectifs… En particulier, il va falloir repenser le lien entre les problèmes d’urbanisme et d’efficacité énergétique. Quant à la croissance, je dirais que désormais on se satisfait dans nos pays de taux très faibles, entre 1% et 3%: il est évident que nous n’aurons plus des croissances comme celles de l’après-guerre. Mais je ne vois pas comment on peut expliquer aux pays émergents qu’il faut limiter leur croissance alors que la richesse par habitant y est le cinquième ou le dixième de celle des occidentaux. Sans doute faut-il modifier la façon dont on calcule la croissance pour mieux prendre en compte ses aspects négatifs, mais je pense que l’aspiration à avoir plus de biens, plus de richesses, mieux se soigner et s’éduquer va durer longtemps. Et il est possible d’y répondre en consommant beaucoup moins d’énergie.

A.S. Le problème n’est pas de réduire notre activité économique mais de faire une utilisation plus intelligente de nos ressources. De la pêche à la production d’énergie, notre développement a, jusqu’à présent, gaspillé nos ressources de façon manifestement non durable. Mais il y a des évolutions positives. Un rapport récent du PNUE estime que l’investissement dans les renouvelables comme l’éolien et le solaire atteint désormais 100 milliards de dollars par an, soit 18% de l’investissement énergétique total. Le secteur des services financiers montre lui aussi un intérêt croissant pour les compagnies qui s’engagent dans le développement durable. Plus de 230 investisseurs institutionnels, pesant quelque 10 000 milliards de dollars appuient désormais les «Principes pour un Investissement Responsable» mis en place en 2006 par Kofi Annan. Ceci envoie un signal clair aux marchés, un signal que les considérations sociales, d’environnement et de gouvernance doivent devenir des préoccupations majeures pour l’économie et l’investissement. Autrement dit, la façon dont nous faisons des affaires est en train de changer – en partie parce que marchés et consommateurs réclament cette transition.

 

Une Conclusion rapide : A vous de savoir quel monde vous voulez ! Vous avez les clés dans vos mains, à vous de challenger vos leaders !

 


14:04 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : énergie, transition, monde, europe

18.06.2008

The Dark Side of the Food !


 trouvé sur le net (merci seb)
 
car ce combat est aussi un combat pour la transition vers une société européenne post-carbone et efficace énergétiquement.
 Certains études parlent désormais au Etats-Unis de l'ordre de grandeur 1kCalorie fossiles pour 1 kCalorie d'apport alimentaire (de la terre à la cuisine), très loin de l'apport uniquement solaire des 10 000 ans depuis le néolithique. 
Autres chiffres d'une étude comparative allemande : Contenu carbone fossiles : Salade de votre jardin bio (ou celui de votre voisin) : 140g/kg ; Salade produite industriellement en hiver en serre chauffée :  4500 g/kg 
 
Si vous voulez avoir les liens vers des études de différents instituts de recherche et d'experts de partout dans le monde (EU, FAO,..) qui montre la quantité d'énergie fossiles que nous devons consommée (engrais vient du CH4, le gaz, celui dit naturel, pesticides = petrochimie,emballage=pétrochimie, transports=diesel, kérozene, quantité par non consommation =déchets-on parle de 50 % à Londres par exemple- ...)   aujourd'hui pour avoir des produits alimentaires dans nos cuisines , contactez-moi ou venez rejoindre le groupe thématique "Energie, Democratie, Europe" !
 
Avec des fossiles en cadeaux, le baril à 10-20 Dollars/Euros, cela s'appelle du gaspillage, ce "n'est qu'un" problème moral.
Avec un fossiles toujours cadeaux, mais moins, baril à plus de 100 Dollar/70 Euros, cela s'appelle de la PERTE DE POUVOIR D'ACHAT en EUROPE et de la TOXICO-DEPENDANCE et PERTE DE LIBERTE, danger pour nos démocraties (certes imparfaites) européennes ! Au lendemain de la sortié nationale du "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale", qui recense les nouvelles menaces, ce sujet ne devrait-il pas être aussi d'actualité !
Et dire que l'on nous vend encore en France, le mérite des circuits longs de commercialisation, des supermarchés impersonnels et du Hard Discount dans des politiques dépassées, inefficaces et chères (dès ici et maintenant !).
 

14:00 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, développement durable, conscience, alimentaire

17.06.2008

La fin d'un âge d'or du pétrole, vue du SüdDeutscheZeitung

End Of Suburbia.jpgL'Europe a la chance d'avoir un système plus résilient que les Etats-Unis pour affronter la fin de l'âge d'or du pétrole, écrit le quotidien Süddeutsche Zeitung. La société construite sur la mobilité personnelle des Etats-Unis va devenir trop chère : "Une métastructure hyper efficace des systèmes de transports a remodelé ce grand pays sauvage et épouvantable … , mais à présent les flux de cet organisme d'infrastructures ralentissent toujours davantage. Le trafic aérien est le secteur le plus touché. … A la différence de l'Europe qui n'abandonne pas sa culture, même dans ses meilleurs périodes, l'Amérique doit renoncer à présent à mener un train de vie qui n'a cessé d'augmenter au cours des deux dernières décennies. Le changement intervient brusquement. L'Europe dispose non seulement de transports en commun qui fonctionnent, elle peut aussi en cas de besoin recourir à ses anciennes structures urbaines. L'Amérique est tout simplement restée à la merci du pétrole. … Un jour il ne sera plus rentable de se rendre au travail en voiture. Une existence rurale miséreuse attend les personnes qui resteront en marge socialement et géographiquement. La carte géographique actuelle de l'Amérique est dessinée par un pétrole bon marché. Il faut désormais la redessiner." C'est l'objet du film-documentaire canadien de 2004, End of Suburbia, bientôt disponible en français (merci les suisses !)

En Europe, même si la situation n'est pas si dramatique qu'aux Etats-Unis, d'un territoire à l'autre la situation reste contrastée.  

En France, nous avons assisté les trentes dernières années à un étalement urbain impressionnant et en conséquence augmenté nos distances parcouru en voiture. .. Imaginez vous si nous n'avions pas eu la TIPP depuis des années, à quoi ressemblerait aujourd'hui notre stucture. Comme aux USA, une vrai calamité ! Les solutions existent (taxation croissante et continue des émissions carbone, individualition du credit carbone, accompagnement individualisée pour la décarbonisation/desendettement,...), cela ne se fera pas en un jour, mais c'est pas à pas que nous devons restructurer notre territoire, afin qu'il nous permette de bien vivre. 

   (réécrit en partie à partir de l'article d'eurotopics.net)

 

ci-dessus, l'article de Petra Steinberger du SDZ, retranscrit pour les germanophones (merci SDZ).
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Ölpreissprünge : Zurück zur Scholle

 

Wie Familie Robinson: Müssen wir am Ende der Ölkrise alle Selbstversorger werden? Überlegungen über eine Welt ohne Öl - zwischen Utopie und Apokalypse.
Von Petra Steinberger

Noch wirkt die Idee der Selbstversorger-Kleinfamilie auf uns romantisch: "Die Robinsons - Aufbruch ins Ungewisse", verfilmt mit Margo Smith und Richard Thomas.
Foto: oh


Es ist Sommer, die Mücken tanzen zwischen den Bäumen, zwei Freunde kommen vom Fischen, sie lassen sich Zeit. Der eine war einmal ein erfolgreicher Werbefachmann. Das ist lange her. Jetzt hat er Zeit. Viel Zeit. Der andere ist Priester. Die sind gefragt, nach all den Toten. Sie gehen zu Fuß. Dies ist die Zukunft. Mitten im Naturidyll Amerikas.

Doch nichts ist, wie es zunächst scheint, in dieser neuen Welt irgendwann um das Jahr 2030. Autos gibt es nicht mehr, weil es kein Benzin mehr gibt. Telekommunikation, Internet, Stromversorgung sind zusammengebrochen. Die Highways, auf denen keiner mehr fährt, verfallen, keiner kümmert sich darum, mit was auch. Und es ist heiß, viel zu heiß. Der Asphalt zerreißt, die leeren Häuser verfallen, die Natur erobert den Planeten zurück.

Eine große Zahl der Menschheit wurde dezimiert durch Seuchen, gegen die es keine Medikamente mehr gibt, genau weiß man es im Dorf nicht, der Kontakt zur Außenwelt ist spärlich. Kinder sieht man selten, sie hat es am schlimmsten getroffen in den großen Grippewellen.

Von einem Heiligen Krieg haben manche noch gehört in den seltenen Radiosendungen, irgendwo im Nahen Osten, ehe die Bomben über Washington und Los Angeles explodierten. Spätestens dann muss alles zusammengebrochen sein, irgendwo soll zwar noch die Ruine einer Bundesregierung existieren, doch eigentlich ist längst jedes Dorf, jeder Hof auf sich gestellt.

Egomanen herrschen in isolierten Städten, ehemalige Kleinkriminelle plündern die Luxusvillen in den verlassenen Suburbs und verkaufen die Rohstoffrelikte aus der Alten Zeit: Plastik ist begehrt, weil man es nicht mehr herstellen kann. Schläuche. Eimer. Die Welt ist archaisch geworden. Und ziemlich konservativ.

Handgemacht

In dem Roman "World Made by Hand" ist die Zivilisation auf dem Rückzug, und die Menschen akzeptieren diesen Niedergang mit einer Mischung aus Apathie und Pragmatismus. Hier herrscht noch keine völlige Anarchie wie in den "Mad Max"- und "Waterworld"-Phantasien des Kinos, in denen viel und laut gekämpft wird. Nein, Glück besteht aus harter Arbeit, Heustadeltänzen und Dorfversammlungen. Nicht von ungefähr mutet der Roman an wie ein Lobgesang auf die Zeit von "Unsere kleine Farm" - er wurde von einem Amerikaner verfasst, der schon lange Amerikas Lebensstil geißelt: James Howard Kunstler.

Er hat sich in provozierenden Sachbüchern wie "Home from Nowhere" als Kritiker der Suburbanisierung hervorgetan und den "New Urbanism" propagiert, der den Autostädten eine neotraditionelle Stadtplanung entgegensetzt. In "The Long Emergency" postulierte er die Grenzen jeglichen Wachstums in der Tradition der berühmten Studie des Club of Rome von 1972.

"World Made by Hand" beschreibt die Zukunft in einem Amerika, in der die Ära des Erdöls zu Ende gegangen ist. Es ist kein literarisches Meisterwerk, aber eine Art Handbuch für eine Theorie, die sich von Amerika nach Großbritannien und inzwischen auch im kontinentalen Europa verbreitet hat, die Theorie des "Peak Oil". Dabei geht es um den ominösen Zeitpunkt, an dem die Ölförderung nicht mehr erhöht werden kann, die Nachfrage aber weiter steigt.

 

Der Mensch und das Öl

Sobald die Ölförderung diesen Scheitelpunkt erreicht hat, glauben die Anhänger der Theorie, wird es vorbei sein mit dem billigen Öl. Es wird ständig teurer und knapper, Verteilungskämpfe werden einsetzen, Industrien verschwinden, schließlich die internationale Ordnung. Denn unsere Industriegesellschaften und unsere Finanzmärkte basieren auf der Annahme des ständigen Wachstums, der immer mehr von billigen fossilen Brennstoffen abhängt. Öl ist der wichtigste davon.

Der größte Sprung

Die Ölproduktion stagniert seit 2005 bei etwa 85 Millionen Barrels pro Tag, dafür steigt aber der Preis. Am letzten Freitag machte er seinen bisher größten Sprung nach oben - um 11 Dollar auf 138 Dollar pro Barrel. Bis auf 200 Dollar oder mehr, schätzen Analysten von Goldman Sachs, könnte der Preis für ein Barrel Rohöl klettern. 40 Prozent des Öls, heißt es im Petroleum Review, "kommt aus Regionen, in denen die Produktion ganz eindeutig abnimmt."

Peak-Oil-Theoretiker sehen darin ein Zeichen für den Beginn des Niedergangs. Und zunehmend nicht nur sie. Vor wenigen Jahren glaubten noch viele, Peak Oil werde erst zwischen 2015 und 2030 eintreten. Immer mehr Analysten schwenken nun um. 2010 ist das nun am häufigsten genannte Datum. Manche sagen, Peak Oil sei jetzt.

Die Tatsache, dass dieser Scheitelpunkt irgendwann eintreffen wird, stellt kaum einer mehr in Frage, auch wenn Politiker und Medien den Ausdruck lieber vermeiden und Vertreter der Theorie gern als irre Apokalyptiker abtun. So wie ihren Begründer, den Shell-Geologen Marion King Hubbert. Der hatte in den fünfziger Jahren vorausgesagt, dass die amerikanische Ölproduktion um 1970 herum ihren Scheitelpunkt erreichen würde, um dann unaufhaltsam zu fallen. Das allgemeine Gelächter einer vom Rohöl besoffenen Welt verstummte, als der Scheitelpunkt in den USA 1970 tatsächlich erreicht wurde.

Es steckt in allem

Doch es sind ja nicht nur die Apokalyptiker, die vor den Folgen warnen. Als Dick Cheney noch Vorsitzender des Energiekonzerns Halliburton war, hielt er im Herbst 1999 eine Rede vor dem Institute of Petroleum. Die "Grundlage der Weltwirtschaft", warnte er, werde bald extrem knapp werden. Die amerikanische Energiebehörde EIA veröffentlichte 2007 einen Report, in dem sie davon ausgeht, dass die Produktion 2006 ihren Höhepunkt erreicht habe. Das Aspen Institute warnte vor dem Ende des "easy oil". Und gerade erklärte der amerikanische Finanzminister Henry M. Paulson, dass es "keine schnellen Lösungen" für die hohen Ölpreise gebe, denn es sei ein Problem von Angebot und Nachfrage. "Die Produktionskapazitäten haben keine neuen Entwicklungen gemacht."

"Die Frage ist jetzt: Wie steil ist der Abhang auf der anderen Seite", sagt der Energiefachmann Matt Simmons, einst Berater von George W. Bush und Autor von "Twilight in the Desert". Und wie wird sie aussehen, eine Welt, in der Öl nicht mehr im Überfluss vorhanden ist?

Die Zeit nach dem Peak wird eine Zeit der Kontraktion, glauben die Peakisten. Denn Öl ist nicht nur Brennstoff, es steckt in fast allem, was unsere moderne Welt ausmacht. Es ist der wichtigste Rohstoff für Kunststoffe. Es steckt in Halbleitern und Düngemitteln, in Reifen und im Straßenbelag. Moderne Medizin, Medikamente und Impfstoffe würden ohne Öl nicht existieren, ebenso wie die industrialisierte Landwirtschaft mit ihren gewaltigen Erträgen nicht möglich wäre ohne Maschinen und auf Mineralöl basierenden Düngemitteln und Pestiziden.

Ein paar Jahrzehnte nach dem Peak wird es das Auto, das Symbol unseres Zeitalters der Individualität, nur noch für die Superreichen geben. Und auch für die nur eine Zeitlang. Das Leben in den endlosen Vororten Amerikas und zunehmend auch Europas wird nicht mehr möglich sein. Schlafstädte und Suburbs werden aufgegeben, Menschen wieder in die kleineren Städte und in landwirtschaftliche Gebiete ziehen.

Das Ende der Globalisierung

Die Metropolen werden auf die Zentren schrumpfen und entlang der Wasserwege wachsen. Eisenbahnen müssen ausgebaut werden, denn Fluglinien gehen heute schon bankrott. Der internationale Handel wird zusammenbrechen. Lebensmittel müssen möglichst lokal erzeugt werden - und mit körperlicher Arbeit. Peak Oil wäre das Ende der Globalisierung. Zugleich würden traditionelle Nachbarschaftsstrukturen wiederbelebt.

Ratschläge für die Welt nach dem Peak werden inzwischen von einem bemerkenswerten Sammelsurium aus ernsthaften Fachleuten und fragwürdigen Panikmachern ausgegeben. Da gibt es die "Techno-Fixer", wie sie Richard Heinberg nennt, ein anderer Vordenker der Peak-Oil-Bewegung. Sie glauben, dass die Welt langfristig erfolgreich mit dem Ölmangel zurechtkommen wird - durch bessere Technologien, alternative Energien und höhere Effizienz. Ihnen wird allerdings gern vorgerechnet, dass eine solche Entwicklung gar nicht so schnell gehen kann, wie das Öl zur Neige geht.

Die Therapie beginnt

Auf der anderen Seite bieten Apokalyptiker und "Survivalists", die mit dem Untergang des Planeten schon immer gerechnet haben, ihre Überlebensstrategien nun für das Ende des Ölzeitalters. Denn während man in den achtziger Jahren noch nach Australien auswandern konnte, sollte man heute ihrer Meinung nach nur noch Dinge horten und einen Unterschlupf bauen. "Doomers" nennt sie Heinberg in Anlehnung an den Tag des Jüngsten Gerichts.

Kampf um die letzten Ressourcen

Und er beschreibt zugleich selbst lustvoll seine Version der Zukunft: "Extrem umweltschädliche Energiealternativen wie Kohle und Ölsand werden zum Blasebalg des Fegefeuers der Klimaerwärmung. Extremistische politische Bewegungen werden entstehen, und die Welt wird in einem Kampf um die letzten Ressourcen untergehen. Wen die Kriege nicht umbringen, der wird verhungern."

In England preist der Arzt und Journalist Vernon Coleman gerade in ganzseitigen Anzeigen seine Version der Zukunft an: Die "Oil Apocalypse", so der Titel, "ist kein Skript für einen Horrorfilm. In einer Generation werden fünf von sechs Menschen auf dem Planeten tot sein." Seinen Lesern rät er, sich auf eine völlig andere Welt vorzubereiten, "in der die Reichen Pferde reiten, die Mittelschicht Fahrrad fährt und die Armen zu Fuß gehen. Kaufen Sie kein Haus, für das Sie ein Auto brauchen." Auch der Held in Kunstlers "World Made by Hand" träumt vom einem Pferd. Das ist der Luxus der Zukunft.

In diesen Tagen nun demonstrieren Inder, weil die Regierung die Benzinsubventionen gesenkt hat. Hersteller von Waschmitteln bis Computerbildschirmen warnen vor höheren Preisen. In Europa gehen Fischer auf die Straße, weil der Rohölpreis das Ausfahren inzwischen unrentabel macht. Der Preis für eine Tonne Düngemittel hat sich in den letzten Jahren vervielfacht; Fachzeitschriften für Landwirte informieren ihre Leser darüber, wie sie ihre Betriebe umbauen können - aus der Not geboren, nicht, weil man unbedingt ökologisch arbeiten will. In den USA ziehen die Bürger in die Städte, und die ersten Suburbias verelenden schon zu Slums.

Der angesehene Ökologe Bill McKibben rät zur "Deep Economy", zur "Re-Lokalisierung" der Produktion. Zurück zur Scholle ist ein Lieblingskonzept der Peakisten. So wie "Permakultur", eine ökologische Antwort auf die erste Ölkrise in den Siebzigern, die auf Grundlage ethischer Leitsätze die Rückkehr zu einer nachhaltigen Landwirtschaft und Energieversorgung propagiert.

Werden Sie Selbstversorger

Zu den neuen Survivalisten zählt inzwischen selbst jemand wie Barton M. Biggs, der frühere Chefstratege des Finanzinstitutes Morgan Stanley. Wie andere hat auch er ein Buch herausgebracht, in dem er vor dem möglichen Kollaps der Zivilisation warnt: "In Ihrem Zufluchtsort müssen Sie Selbstversorger werden und in der Lage sein, etwas Nahrung anzubauen. Sie sollten gut mit Saatgut ausgerüstet sein, mit Dünger, Konserven, Wein, Medikamenten und Kleidung. Stellen Sie sich die Familie Robinson vor."

Wer ein Beispiel für eine gelungene Umstellung der Nahrungsproduktion für das Post-Öl-Zeitalter sucht, findet sie dann ausgerechnet in Kuba. Die Insel hat vorgeführt, wie man in der Landwirtschaft ohne Petrochemie auskommt. Als nach dem Ende der Sowjetunion die Öllieferungen ausblieben, kollabierte die vom Öl abhängige Landwirtschaft. Es drohte eine Hungerkatastrophe. Heute haben Tausende Ochsengespanne Traktoren ersetzt, an den landwirtschaftlichen Fakultäten forschte man nach Nützlingen und Bakterien, die Dünger und Pestizide ersetzen, überall gibt es Stadtgärten. Inzwischen ist Kuba in der Lage, sich selbst zu versorgen. Ohne Luxus, aber zumindest muss niemand mehr hungern. Deswegen fahren Ökologen aus aller Welt auf die Insel, um das Programm zu studieren.

In Großbritannien erklären sich Städte und Dörfer unterdessen zu sogenannten "transition towns", Übergangsstädten. Städte wie Bristol versuchen, ihre Wirtschaft, Transportwesen, Energie- und Nahrungsversorgung zu "relokalisieren". Die Praxis, berichtete ein Reporter des Guardian, sei allerdings weniger spektakulär.

Wie im Krieg

Man zeigt sich Filme über Peak Oil und Klimawandel, einige Orte haben eine eigene Währung eingeführt, mit der man lokale Produkte erstehen kann. "Es gibt Workshops für Gemüseanbau, Brotbacken und Sockenstopfen. Nun, sollte das alles ein wenig nach den vierziger Jahren klingen, dann deshalb, weil es so ist." Denn viele Ideen stammen aus dem Zweiten Weltkrieg, als in England jahrelang der Treibstoff knapp war.

Nach Untersuchungen der amerikanischen Energiebehörde EIA würde es 20 Jahre dauern, um die Weltwirtschaft so umzubauen, dass ein wirtschaftlicher und sozialer Kollaps verhindert werden kann. Zehn Jahre, so der Bericht, seien schon knapp kalkuliert. Bleibt noch weniger Zeit, sind Revolten, Aufstände, Ressourcenkriege und der Zusammenbruch ganzer Gesellschaften so gut wie sicher.

Vielleicht haben die "Doomers" ja doch recht. Denn geschehen ist nicht viel, obwohl inzwischen sogar die Leiter großer Ölkonzerne vor dem nahenden Peak warnen. Ein paar Prozent Öl wird durch Biokraftstoff ersetzt, was inzwischen zur Krise in der Nahrungsmittelproduktion beiträgt. Sonne, Wind und Wasserenergie werden gefördert, bringen aber nicht annähernd genug, um Öl ausreichend und schnell genug zu ersetzen. Und das wird noch lange so bleiben. Zu lange, fürchten die Peak-Oil-Anhänger.

 (SZ vom 9.6.2008/rus)

14:00 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peak oil, urbanisme, energie, solution

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