15.06.2008
Une alternative aux dinosaures !
REPENSER LES VILLES DANS UNE SOCIETE POST-CARBONE ? Cela vous fait penser à quoi ? Science-fiction ? non il s'agit d'une sérieuse étude prospective de notre Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire. Car il n'y a pas que les suédois qui y pensent !
La réelle solution long terme pour réduire durablement la consommation énergétique de nos villes européennes est connu par tous les chercheurs en énergie et urbanisme. Il nous faut passer de la notion de mobilité à celle d'accessibilité aux aménités (accès aux lieux qui rendent la vie agréable et la facilitent). Cela ne se fera que par une refonte totale de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire hérité de l'ère pétrole -énergie abondante et bon marché-, codifié par la charte d'Athènes et le "zoning" dès 1933 (funeste année). Les structures urbaines et territoriales que nous aimerions déjà avoir tous dès aujourd'hui (histoire de ne pas être aussi dépendant d'un pétrole que nous avons pas en europe et qui obère notre pouvoir d'achat) sont construits sur des fonctions urbaines (habitat, travail, achats, loisirs, polyvalente) seront inter-imbriqués, des transports en commun efficaces, économiquement acceptable car la densité urbaine entre les pôles est suffsantei et les ghettos territoriaux, homogènes, seraient efficacement (réellement) combattus.
Cela demandera des dizaines et des dizaines années. C'est clairement dans ce sens que nous devons aller.
Que faire dans la période de transition ? Regardons les "objets urbains" dont le taux de renouvelement est plus important que notre "substance urbaine" : nos véhicules de transports.
Prix du pétrole aidant, on parle de plus en plus de véhicules électriques et hybrides. Mais voilà. Avec leur "lourde carcasse de l'ère pétrole", elles ont des puissances de 50 000 à 100 000 watts, et des consommations de l'ordre de 100 à 150 Wh/km. En cycle urbain et périurbain, les moyennes restent très limité, clairement en dessus de 40-50 km/h. Quelle innovation là-dedans ?
En fréquentant quelques blogs, forums et en discutant avec des amis, je suis tombé sur un "petit objet" que je voulais vous présenter.
La "fitnesscar" de Monsieur Thevenet. Il s'agit d'un véhicule hybride électromusculaire basé sur le tricycle couché carréné. l'hybridation de ce véhicule permet de récupérer l'énergie des des descentes et freinages avec moins de 10Kg d'équippement. En profitant de la pénétration dans l'air, en dessous du vélo, la consommation descend à environ 7 à 10 Wh/km avec des moteurs électrique 250 à 400 Watts, pour des vitesses moyennes de l'ordre de 30-35 km/h qui n'ont pas à palir face aux dinosaures que les constructeurs nous préparent. On dispose alors d'un véhicule électrique très basse consommation qui peut être autosuffisant si on apporte de l'énergie au système par le pédalage en hiver, et pourquoi pas par le pédalage associé à un panneau solaire l'été ou diverses autre sources d'énergie qui sont de l'ordre de ce qu'il faut pour alimenter une lampe de chevet 2h par jour..
Par sa construction hybride, ce véhicule participe aussi à la santé publique : sur véloroute, voie vertes ou rues des villes, l' effort exercé est constant, prolongé et toujours en zone d'endurance permettant le meilleur entraînement, énergie métabolique étant tirée des réserves de graisses et sucre lent par le procédé le plus économe et le moins polluant en toxine: l'endurance aérobie ce qui est pas possible habituellement avec un vélo ordinaire.
Et quel sera l'investisseur industriel ? un européens ?, un américain ? un chinois ou indien ?
23:30 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, urbanisme, technologie
13.06.2008
Une situation qui est terrible et obsédante car paradoxale
François Bayrou nous confie son sentiment suite au résultat du référendum irlandais pour lequel le "non" l'a emporté.
"on a laissé se creuser un gouffre entre Peuple et Institution et le "non" irlandais en est un témoignage de plus."
ou encore, "l'Europe est une grande idée, dont tout le monde a besoin, qui est massacré par des gens qui ne comprenne qu'il faut parler avec les citoyens comme avec des responsables de plein exercice."
Voilà dix minutes d'entretien, en ce vendredi 13 juin.
23:50 Publié dans politique de l'instant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, gouvernance, démocratie
Nous avons trop de pétrole disponible !
Voilà bien un titre provocateur vous me direz alors que au JT 20h de France 2, hier soir pour la première fois, on approche de facon un peu plus approfondi les effets possibles d'un pétrole cher et rare : "Energie, un monde sans pétrole". En fait ce titre reflète bien la réalité et je me propose dans ces quelques lignes de vous expliquer pourquoi.
Depuis Brake en Pennsylvanie, nous fêterons le 150 ième anniversaire l’an prochain, nous sommes rentrés dans l’ère de l’industrie du déstockage des fossiles. Il y a bien le charbon et le gaz naturel, mais la densité énergétique du pétrole et sa polyvalence nous a permis de développer la société que nous connaissons. Je rappelle que 85 % de l’énergie consommé dans le monde est fossiles (pétrole, charbon gaz naturel), 10 % est le bois, 2 % chacun électronucléaire et hydraulique, moins de 1% pour les énergies renouvelables qui occupent le devant de la scène (éolien, solaire thermique ou photovoltaïque)
Dans son livre de janvier 2007 « Trop de Pétrole », Henri Prévot (1) présente (p33) que l’humanité dispose de ressources fossiles deux fois trop abondantes. En effet, si nous continuons à déstocker les carbones fossiles, nous allons continuer à faire augmenter la concentration en CO2 dans l’atmosphère. Un tableau résume cela en page 36 que je présente ici pour expliquer l’approche, plus que pour discuter les chiffres.
Un déstockage de 28 % des réserves restantes d’ici 2200 correspond à une quantité CO2 de 850 GtC (Gigatonne Carbone), stabilisant la concentration dans l’atmosphère à 450 ppm, augmentant ainsi la température globale de 2,7 °C (+ /- 1°C), acceptable disent les experts du GIEC. Un déstockage de 50 % correspond lui à une quantité de 1500 GtC, une stabilisation à 650 ppm et une augmentation induite de 4°C (+ /- 2), déjà plus difficile, peu pour nous directement mais clairement indirectement par les instabilités politiques et les « naufragés du climat »
En conséquence, si nous voulons ne pas dérégler trop notre belle machine climatique, qui nous a permis depuis 10 000 ans de passer sans trop de soubresaut de la révolution néolithique à celle d’internet, nous devons ensemble, laisser la moitié des fossiles là ou il sont! d’où le titre provocateur de Prévot que j’ai adapté ici pour cet article.(2)
Et quelle conclusion tire le libéral que je suis ? Peux-t-on faire confiance au mécanisme de régulation du marché pour laisser la moitié de cette potion magique dans la marmite ?
Depuis quelques semaines nous assistons à une agitation des économistes, de l’industrie pétrolière et des pays producteurs. Nous entendons : « Depuis des années, nous n’avons pas assez investi dans l’industrie de l’énergie » « il est temps de réinvestir… » Il est vrai qu’un certain nombre de pétroliers ont été refroidi lors du second choc pétrolier, en particulier les européens. Ils ont investi massivement en mer du Nord, par exemple, car avec les prix de 1980 les puits étaient rentables, mais le contre-choc pétrolier de 1985 leur a coûté très cher. Nous voilà donc reparti dans un cycle d’investissement majeur dans l’amont de la chaîne énergétique qui vont forcément tirer vers le bas les prix, augmenter encore un peu plus notre dépendance. Et les prix vont continuer à évoluer de « dents de scie » en « tôle ondulée » mais globalement vers le haut sur le long terme. Dans une quinzaine-quarantaine d’années, les stocks de « liquid fuel » seront bien épuiser et les faiseurs de prix seront les quelques pays à disposer du charbon et autres schistes bitumeux.
Le libéral que je suis est pour nous sortions ce cette dépendance pour retrouver notre liberté. Cela ne peut se faire que si nous (français et/ou européens) mettons en place une régulation politique forte. Le rôle de l’Etat est essentiel car il s’agit de déconnecter les prix marché du baril de pétrole (et autres fossiles) des marchés mondiaux lors du passage aux frontières. Il s’agit de mettre en place un prix final « politique » aux fossiles (ou au carbone, via une taxe carbone, c’est la même chose). Il faut aussi biensûr faire la même chose avec le « carbone gris », celui qui participe à la fabrication des produits agricoles et manufacturés que nous importons. En influant sur le prix énergie, en ne le rendant pas fluctuant mais en proposant un prix fixe (mais en augmentation constante et régulière, on propose aux acteurs économiques un signal clair qui permet de rentrer sereinement dans cette période de transition économique, cette période de « Energy Descent », qui n’a rien à voir avec ce que je crois percevoir du terme « décroissance », mais une réelle croissance vers une société plus sobre et efficace énergétiquement.
A l’heure où les socialistes français, quarante ans après le SPD allemand à Bad Godesberg, viennent de reconnaître les vertus de l’économie de marché, voilà que , moi qui me dit démocrate et libéral, je propose de faire une entorse volontaire au mécanisme de régulation par le marché. Je trouve cette approche plus rigoureuse et efficace que les propositions populistes de taxations des pétroliers comme on l’entend chez les socialistes français ou encore la droite italienne (taxe robin des bois)
J’attends vos commentaires (pas sur l’ortograf, je soignerai cela plus tard)
(1) je ne partage pas toutes les options de Henri Prévot. Pour faire vite, je trouve son approche trop orienté offre, pas assez demande. Il existe un déséquilibre fort dans le domaine énergétique entre les critères de rentabilité économiques retenus côté offre/côté demande. Cela est assez bien expliqué dans un vieux livre Facteur 4 de Weizsäcker (le SPD, l'excellent professeur ex du Wüppertal Institute pas son frère CDU le (à mon avis) meilleur président allemand depuis 30 ans). Ce biais entraîne les acteurs économiques de privilégier l’un sur l’autre alors d’une approche de dématérialisation de l’économie devrait nous inciter à rééquilibrer cela. Car je rappelle que le rendement énergétique de la maison France est 34 % et que la meilleure énergie est celles que l’on ne dépense pas !
(2) le provocateur George Monbiot, a écrit dans the Guardian, le 11 décembre dernier :"Rigged"
"Ladies and gentlemen, I have the answer! Incredible as it might seem, I have stumbled across the single technology which will save us from runaway climate change! From the goodness of my heart I offer it to you for free. No patents, no small print, no hidden clauses. Already this technology, a radical new kind of carbon capture and storage, is causing a stir among scientists. It is cheap, it is efficient and it can be deployed straight away. It is called … leaving fossil fuels in the ground."
09:55 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, fiscalité

