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"L'identité nationale française porte un idéal de résistance" : F. Bayrou (Projet Espoir-2007)

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11.08.2008

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11:05 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.08.2008

Et si c’était cela la malbouffe ? (2)

 

 

TrinkenOil.JPGEt si c’était cela la malbouffe ?

Après l'américaine, voilà l'allemande qui est en train de boire, soit dans un verre de schnapps (5 cl), soit une grande bouteille (1,5 l) du gazole (Diesel), en fonction de la consommation de légumes de saison ou non !
Lors du précédent billet vous avoir présenter les résultats étonnants d’une étude américaine, qui se base sur une approche dite « top-down » (à l’échelle du pays) , il me semble important d’éclairer la question de notre « malbouffe » avec une approche « bottom-up », aliment par aliment comme cela a été réalisé il y a moins d’un an par le Bayerisches Staatsministerium für Umwelt, Gesundheit und Verbraucherschutz, en français, Ministère du Land de Bavière pour l’Environnement, la Santé et la protection des consommateurs. Une brochure grand public a été éditée.

Il en ressort que l'alimentation représente quelque 20% de la consommation énergétique (commerciale) totale allemande, en seconde position après le logement (32%) mais avant les loisirs (17%) ou la santé (12%).

 

 

 

Donnons deux ordres de grandeur afin de savoir de quoi on parle :

Il est important de voir que du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, la part du consommateur, de son déplacement initial au supermarché à la cuisson et la consommation, ne représente qu'environ 29% sur le cycle de vie des aliments. Comment vous l’achetez ou le préparer a donc un impact modéré, ce qui compte c’est les choses que vous achetez !

L'élevage du bétail destiné à la consommation (Erzeugung tierischer Lebensmittel) représente 44% de ce cycle et donc comme cela était à attendre un régime carné est plus consommateur de fossiles qu’un régime végétarien.

Cette brochure  donne une série de chiffres clés, établissant des comparaisons fort instructives entre par exemple le contenu carbone d'aliments d'origine animale et celui d'aliments végétaux. Le contenu carbone est directement lié à la quantité d ‘énergies fossiles « destockés ».
Comme les étiquettes sur les véhicules commencent à être connu, pour faciliter la compréhension, je vais convertir les contenu CO2 en litre de diesel, bien que bien évidemment, le contenu carbone des aliments provient du charbon, du gaz naturel ou du pétrole !
En utilisant cette conversion (universelle), 1 litre de gazole des moteurs diesels émet 2,61 kg CO2, nous obtenons ces quelques chiffres en  « équivalent en gazole »

1 kg de pain en nécessite environ 0,8 litre (780 g CO2) 1 kg de fromage, près de 3,2 litre (8350 g CO2) 1 kg de viande bovine presque 2,5 litre (6450 g CO2). Pour les bovins, il faudrait voir plus en détail si les émissions sont en CO2 ou en eq CO2 car les émissions de méthane des vaches (par eructation à 95 %, contrairement aux idées reçus) sont loin d'être négligeables et si tristement non valorisées !Ensuite, il existe un écart entre l'agriculture conventionnelle et l'agriculture labellisée "bio": en moyenne, près de 3 fois plus de consommation énergétique à l'hectare pour le conventionnel que pour le bio, principalement en raison de l'utilisation intensive d'engrais chimiques (c’est du gaz naturel, venu directement de Russie !) ainsi que du type d'alimentation des animaux d'élevage.
Aussi, un comparatif éclairant sur les modes de transport, où les statistiques montrent clairement qu'une consommation alimentaire durable se doit d'être régionale: quelque 76 g CO2 /kg de pommes importées en camion du Bodensee vers la Bavière, contre... 513 g CO2 / kg de pommes néozélandaises acheminées par bateau.
Et les fraises sud-africaines, les asperges chiliennes acheminées par avion? Jusqu'à près de 17000 CO2 / kg, une folie donc avec plus de 6,5 litres de carburant par kilo !
Pour finir, un point sur la consommation de produits saisonniers: 140 g CO2/ kg de laitue en saison (5 cl de diesel), contre 4450 g CO2/ kg (1,7 litre de diesel) de laitue poussant en serre chauffée hors saison...


Que retenons-nous de ces quelques chiffres :

-    le premier billet a la vertu de frapper notre esprit en expliquant que 7kcal de fossiles sont nécessaires pour 1kcal d ‘aliments. La grosse difficulté, c’est qu’on a l’impression d’être impuissant devant une telle dépendance aux fossiles !

-    Ce billet nous montre que la solution est aussi dans notre acte d’achat. Ce qu’il faut retenir, c’est achetons local, achetons de saison, plutôt des légumes, des céréales et des fruits, privilégions l’agriculture « Bio » qui s’oriente vers de la « Low External Input Agriculture –LEIA-».
Fruitsleg Alsace.JPG

- Bannissons les fruits et légumes venus de l’autre côté du globe, car les consommer, ce n’est pas faire un cadeau à l’agriculteur du Sud qui est poussait, lui aussi, dans la dépendance aux fossiles !

-    Exigeons les autorités françaises à faire ce genre de brochure. Si l’Etat ne s’en charge pas , alors que les Régions s’en emparent.  A l’exemple de la Région Alsace qui, l'an dernier, a tapissé de 4 par 3 les villes pour vanter les mérites du bio alsacien, très vite les producteurs et la filière s'organise et les entreprises de distribution suivront le pas.

-    Pour conclure, en forme de clin d’œil j’invite le lecteur à revisiter la conclusion du Candide de notre Voltaire, dont nous fêterons le ¼ de millénaire l’an prochain : « Il faut cultiver son jardin ! »

 

 

 

merci à Seb pour m'avoir fait connaitre cette étude bavaroise !

12:12 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, co2, fossiles, industrialisation

Et si c’était cela la malbouffe ?

DrinkingOil.JPG

 

 

 

 

 

 

Et si c’était cela la malbouffe ?

Voilà cette américaine qui est en train de boire, à la louche, ½ litre de pétrole par jour ! Cela vous intrigue ? Alors suivez-moi !

 

Depuis le début de l’humanité, nous tirons notre énergie de ce que nous consommons. Nous avons la chance de vivre dans un environnement bienveillant et d’une énergie solaire qui irradie la Terre, nécessaire au cycle de l’eau et à la photosynthèse, base de la vie, telle qu’on la connaît.

 

 

 

 

Donnons deux ordres de grandeur afin de savoir de quoi on parle :
Le premier concerne l’énergie de la nourriture et celle du soleil : on estime qu’annuellement en moyenne 58600 GJ par hectare atteint le sol ce qui correspond à une puissance moyenne de 186 W/m². Dans le cas d’une des plantes les plus productives, comme le blé par exemple, on parle de rendement de 120 GJ par hectare, soit 500 fois moins ! Rien que pour la transpoévaporation de ce blé, 20 000 GJ par hectare sont nécessaire. (source ELS/Giampietro 2002)
L’autre concerne l’énergie fossile consommée : la puissance solaire utilisée pour maintenir heure après heure le cycle de l’eau, un des fondements de la vie sur Terre est  d’environ 44 000 TW, soit 4000 fois la puissance totale extraite en 1999 de l’ensemble des énergies fossiles pour le support de l’ensemble de ces activités d’agiculture, d’industries, de transports, militaires, résidentielles et tertiaires ! (source BP-Amoco Energy Statistics 1999 in ELS/Giampietro 2002)

Qu'apprenons-nous de notre Histoire ?

Il y a plus de 10 000 ans nous étions tous des chasseurs-cueilleurs, la seule énergie que nous utilisions est celle du soleil, convertie en végétal via la photosynthèse et en viande via l’interaction entre les organismes sur la chaîne alimentaire, …

La révolution néolithique a permis une réelle avancé en utilisant l’énergie utile « métabolisée ». Le travail musculaire humain et celui des animaux domestiqués ont permis de devenir moins tributaire des aléas climatiques. Les techniques ont progressé au cours des millénaires et l’énergie alimentaire a pu être stocké apportant une plus grande sécurité alimentaire.
Joseph.JPGL’Histoire humaine est pleine de ces récits et le récit biblique en est un exemple. C’est grâce à sa capacité à décrypter les songes et sa prévoyance que Joseph, fils de Jacob -appelé aussi Israël-, vendu par ces frères et réduit en esclavage en Egypte, est devenu vice-Roi d’Egypte. Il parvient à expliquer le rêve prémonitoire du Pharaon des sept vaches maigres et des sept vaches maigres qui engloutissent les vaches grasses, comme les années de disette font oublier l'abondance et devient un homme libre. Sur ces conseils, on utilise alors les excès des premières années pour engranger des réserves destinées aux années de sécheresse. C’est en venant acheter du grain en Egypte que les autres fils de Jacob viennent alors en Egypte, Joseph leur pardonne et le peuple d’Israël restera sur les bord du Nil jusqu’à l’Exode, quelques siècles plus tard.

Alors que l’ensemble de ces processus de conversion énergétique était entièrement basé sur le soleil, quelques centaines de générations plus tard, une autre révolution, industrielle celle-là, marque l’Histoire. L’entrée dans la « Modernité » et l’ère des énergies fossiles (1859 Drake). Pour la première fois, nous avons commencé à utiliser des énergies non renouvelables (non solaire) pour soutenir notre agriculture.

L’industrialisation de l’agriculture, massive depuis les 3 dernières générations a entrainé une simplification des organisations fonctionnelles et structurelles des écosystèmes agricoles traditionnel. Sous l’effet de la globalisation, de moins en moins de surface désormais sont cultivées de manière traditionelle selon un système intégré de production agricole basé sur le cycle naturel nutritifs et énergétique solaire et des cycles garanties par l’interaction parmi les nombreuses espèces présentes dans l’agriculture pré-industrielle, appelé parfois en anglais Low External Input Agriculture (LEIA).   En effet, le paradigme industriel nécessite une linéarisation des flux nutritionnels et énergétique obtenu par une utilisation massive d’engrais commerciaux, irragation. Or cette linéarisation n’est possible que grâce à l’usage important de nombreuses techniques (engins agricoles divers, pesticide, semence commerciale,…), lequelles sont fortement dépendante des énergies fossiles. Pour cette raison, cette agriculture est parfois appelée en anglais High External Input Agriculture (HEIA). (source Giampietro)

L’impact sur  notre Environnement de cette agriculture moderne est important, d’un côté en réduisant les ressources naturelles (énergie fossiles, érosion des sols, pertes de diversité) et de l’autre en augmentant des nuisances (nitrates, gaz à effet de serre,…), mais cela n’est pas l’objet de ce billet.
Certes, en citant le rapport des Nations Unies sur «l’évaluation des Ecosystèmes pour le Millénaires, « entre 1960 et 2000, la production alimentaire mondiale a été mul¬tipliée par environ deux et demi tandis que la population humaine a doublé, passant de 3 à 6 milliards. », mais regardons de plus près la durabilité du système.

J’ai trouvé ces chiffres, que je vais présenter maintenant succinctement, dans une étude américaine, réalisée en 2000 au Center for Sustainable System de l’Université du Michigan qui est citée dans de nombreuses publications. Je suis encore à la recherche de chiffre en Europe, mais les conclusions doivent être à mon avis en 2008 en Europe assez semblables. Je invite à vous plonger dans ce rapport si vous voulez en savoir et je serais preneur de tous vos commentaires. Au cours de leurs recherches les auteurs ont analysé le cycle de vie de la nourriture au Etats-Unis, de la plante à la bouche des américains, les moyens de productions agricoles, le transport, la transformation ainsi que les habitudes de consommation.

malbouffe.JPG

 

 

Il en ressort d’abord qu’un américain a en moyenne à sa disposition 3800 kcal (4,4 kWh) de nourriture par jour.

Avec cette énergie, il maintient son corps à 37 °C et sa « machinerie » est capable d’exploits physiques incroyables mais aussi des plus grosses dérives. Et des inégalités croisantes !

 

 

 

Rien de bien nouveau me direz-vous. Oui, en effet. Ce qui est bien plus intéressant, c’est de savoir combien on utilise d’énergies non renouvelables avec l’agriculture industrialisée (HEIA) et ce mode de consommation (si semblable du notre !) pour en disposer ?

Les auteurs ont compulsé de nombreux documents et ont ainsi reconstruit en BTU/an (British Thermal Unit, encore une autre unité pour exprimer une quantité d’énergie) la consommation totale d’énergies non-renouvelables (fossiles en l’occurrence), qui peut facilement être diviser par la population américaine afin de connaître cette consommation par habitant.

Ma surprise a été de voir (ci-dessous) que dès la phase de production agricole, il faut 1,6 plus d’énergies fossiles que d’énergie alimentaire produite par les processus naturels. Mais ce n’est pas tout ! A ce stade, la nourriture n’est pas arrivé à la bouche des américains. Le transport, à lui seul, nécessite autant d’énergies fossiles que d’énergies contenues dans la nourriture transportée ! La dessus, la nourriture est préparée industriellement, packagée dans des produits de la pétrochimie, distribuée dans le réseau de distribution et enfin préparée dans la cuisine (de moins en moins) des américains et peut être consommée !

Et c’est ainsi que plus de 7 kcal d’énergies non renouvelables sont nécessaires pour fournir une kcal alimentaire !

bouffe ratio7.JPG


Quelles conclusions en tirons-nous ?

-    cette étude ne confirme pas les 10 kcal pour 1 kCal qui a été rendu populaire dans un livre de Dale Allen Pfeiffer et remis récemment en circulation dans le numéro spécial d'avril « s’extraire du pétrole »d'une revue de l’Union Européenne.
-    Admettons que le ratio de 7 de  l’étude soient exagéré, disons doublé par exemple (les experts en agro-alimentaire, n’hésitez pas à m’écrire). Si le modèle existant en train de coloniser la planète induit l’extraction de 3 kcal non renouvelables par kcal alimentaire, cela seraient une tragédie et une dépendance dramatique de nos systèmes économiques et sociaux ! Une dépendance tragique et fatale !
-    Les dernières semaine, des discussions ont eu lieu à l’OMC sur les accords agricoles prônant une industrialisation encore plus forte de l’agriculture et le développement des échanges commerciaux, je ne peux pas croire que les lobbyeurs en tout genre  n’ait pas connaissances de ces chiffres et analyses, qu’ils s’agissent des américains, européens et producteurs des pays en émergence, tous très grands consommateurs d’énergies fossiles. Où sont leurs responsabilités de citoyen du monde ? Qu’en pense Monsieur Lamy ? Qu’en pense les Messieurs de la FNSEA ?
-    Si Monsieur Barnier (ou un de ces conseillers alertés par un outil de veille)  lit ce blog, je souhaiterais avoir son avis d’ancien ministre de l’Environnement, ministre dont j’avais, dans les années 90, apprécié sa vision assez humaniste de sa mission dans son ministère. J’aimerais avoir sa proposition pour une transition vers une agriculture nourricière et durable, c’est à dire une agriculture basée sur l’énergie du soleil et avec des systèmes économiques et sociaux où la résilience est reconstruite !
-    De chasseurs-cueilleurs, nous avons mis des centaines de générations pour devenir éleveurs-agriculteurs : En même pas trois générations, nous voilà consommateurs-emprunteurs ! Combien de temps !
-    Pour conclure, en forme de clin d’œil j’invite le lecteur à revisiter la conclusion du Candide de notre Voltaire, dont nous fêterons le ¼ de millénaire l’an prochain : « Il faut cultiver son jardin ! »



Grazie mille a Pietro Giampietro per i documenti mandati. Mi hanno molto aiutato !

01:07 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, paradigme, modernité

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