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"L'identité nationale française porte un idéal de résistance" : F. Bayrou (Projet Espoir-2007)

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19.07.2008

Discours d'Al Gore de ce 17 juillet : "Sortir du pétrole"

Repower America ! "Wecansolveit" 17th July 2008

discours d'Al Gore, le 17 juillet 2008 à Washington D.C.  discours complet : Al Gore: A Generational Challenge to Repower America

 

"The stone age didn't end up because of the shortage of stones ! ". Objective : 100 % really free carbon electricity within 10 years.

 

 Voilà que le Démocrate et prix Nobel américain, Al Gore, l'"ex- futur président des Etats Unis" comme il aime s'appeler, lance un défi à son pays. Produire sous 10 ans 100 % de l'électricité du pays sans émissions de carbone !

Que pouvons-nous en dire ? 

Pour avoir assister à des débats très animés en Allemagne autour de l'objectif ambitieux mais non irréaliste de 30 % d'énergie provenant de sources renouvelables (dans l'ordre éolien -off-shore ou non-, hydraulique, photovoltaïque) à l'horizon 2020 et pour avoir lu de nombreuses études prospectives et "technological roadmaps", je sais pertinemment qu'avec le niveau de consommation d'électricité actuelle, cet objectif est -sans un recours plus que massif au nucléaire- impossible. Même une renaissance du nucléaire aux USA ne permettra pas d'atteindre sereinement cet objectif.

Par ailleurs, vouloir traiter que l'électricité, c'est ne s'attaquer qu'à 25 % du problème. C'est d'abord une vraie politique intégrée de l"accessibilité aux opportunités" efficace pour nos concitoyens (mobilité sobre, structures urbaine et spatiale repensées)  (1/3 du problème) et par une politique volontaire de l'habitat (finies les passoires à vivre !, vive les thermos à vivre !) (1/3 du problème). Et ne pensez pas que cela coûte cher. C'est l'immobilisme que coûte cher. C'est l'immobilisme qui ferait que nous transmettrions cette dette structurelle à nos enfants !

Enfin, "Renewable energy canot sustain a consumer society", voilà la phrase qu'il n'a pas dit (encore) à son public américain.

 

Mais l'important est ailleurs. Voilà qu'un leader, très écouté dans le camp démocrate, montre clairement là où l'Amérique a mal. Voilà qu'un leader dit clairement qu'il faut tourner la page à l'age du pétrole. " L'age de pierre n'a cessé par manque de pierre !"

Quels sont les partis en Europe qui ont clairement décidé de travailler sur la fin de l'"age du pétrole" ? Vous en connaissez un !

 

15:13 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

16.07.2008

Durabilité et Energie

Le 9 juillet, le Mouvement Démocrate a décidé, lors de son troisième Conseil National, la mise en place d'un côté, un certain nombre de comités thématiques pour préparer la campagne européenne autour de Marielle de Sarnez, et de l'autre, autour de Corinne Lepage, des commissions nationales, ainsi que des axes de réflexions transverses.

C'est avec grand plaisir (et ce n'était pas gagné d'avance, c'est du moins ce que j'ai cru comprendre), que le sujet Energie occupe toute sa place. Dans une version de travail précédente, nous étions encore loin de ce résultat.

Le plus grand risque aurait été de continuer à considérer, comme tant de partis politiques européens l'énergie comme une "sous-rubrique" de l'environnement.

Préparons l'élection européenne. "Energie"

 l'Energie est devenu un sujet à part entière, un comité de pilotage thématique sera en charge de ce point. Il reste encore à construire comment ce sujet, par nature transverse, sera interconnecté aux autres thèmes. Réduire le travail qui va être réalisé au sein de ce comité au seul domaine de compétence de la DG Energie de Andris Piebalgs, serait très dommageable. J'ai acquis l'intime conviction que le travail accompli par cette DG les quinze dernières années est loin d'être optimal. Le sujet n'est pas été abordé dans sa complexité et des acteurs, d'un coté les producteurs, de l'autre les consommateurs et enfin les citoyens ont été renvoyés dos-à-dos, l'idéologie du "tout marché", à l'image des télécommunications a été essayé sans succès pour les énergies de réseau. Aujourd'hui, en repartant des besoins des Européens et de leurs territoires, beaucoup est à repenser. Le groupe "Energie, Démocratie, Europe" reste mobilisé pour alimenter la réflexion du Mouvement Démocrate.

 

Préparons l'étape d'après. "Durabilité et Energie" et "Sortie du pétrole"

La création d'une commission nationale "Durabilité et Energie" et d'un axe transversal "Sortir du pétrole" est une réelle nouveauté dans les préoccupations des partis politiques européens. Les plus avancés sont quelques partis écologistes européens, mais encore trop souvent l'énergie est vue à travers de la loupe "environnementale". Ici, ce ne sera plus le cas. Bien sûr les impacts sur l'environnement de la production de services, qui nécessite énergies utiles, finales et primaires seront à examiner de près afin de préconiser des statégies adaptées, mais l'angle d'approche est la durabilité de nos sphères économiques, sociales et écologiques.

 

                                     DURABILITE ET ENERGIE

DURABILITE ET ENERGIE.JPG Le graphique ci-joint montre comment l'énergie (et son appréhension dans la production de service) est primordiale à la notion de durabilité. La réprésentation de droite mets en évidence l'interconnection entre les différentes sphères. Sans énergie solaire, il n'y aurait pas d'éco-système, sans éco-systèmes et utilisation des énergies, il n'y aurait pas de socio-systèmes et sans l'existence des trois, tout développement économique serait impensable.

 Nous fêterons l'année prochaine le 150 ième anniversaire de l' avènement de l'ère du pétrole, symbolisée par sa première extraction  par Drake en Pennsylvanie. Cette "potion magique" nous a permis de développer des systèmes sociaux et économiques d'une complexité et d'une puissance inégalées.

Sont-ils réellement robustes ? Ici, il me semble important que je vous introduise une notion assez connue par les scientifiques en écologie ou en analyse de systèmes,  la résilience. Je vous livre ici la définition extraite d'une publication de Jody Boehnert sur "Design & Transition", basé sur le livre de Rob Hopkins, "The transition Handbook".


"Resilience

Resilience refers to the ability of a system (an individual, a whole economy, or a entire ecosystems) to hold together and maintain its ability to function in the face of change and shocks from the outside. The Transition movement asks: will communities, faced with the shock of fossil fuel price increase and/or mandatory carbon rationing for mitigation against climate change - retain essentially same function, structure, identity and feedbacks? According to economist David Fleming, a community that is resilient can absorb shocks, has a wide diversity of relations, and can meet needs without substantial travel. According to ecologists resilient systems are said to have the following characteristics: diversity, modularity, and tightness of feedbacks (Hopkins 2008, 55).
- Diversity relates to the number of elements that compose a particular system, be they people, species, business, institutions, or sources of food. A rise of monocultures reduces diversity.
- Modularity is the manner in which the components of a system are linked. Maximizing modularity with internal connections reduce vulnerability to any disruptions of wider networks. The over-networked natures of modern highly connected systems allow shock to travel rapidly through them.
-Feedbacks - tightness of feedbacks refers to how quickly and strongly the consequences of a change in one part of the system are felt and responded to in another part. Centralization weakens feedbacks by increased risk of crossing a threshold without detecting it in time."

 

Pour utiliser une image, les puristes m'excuseront,  je vous propose celle du "chêne et du roseau". Un semble robuste, l'autre est résilient. 

 "....

L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts."

 

Bonne résilience à tous ! 

 Fichier joint : CR_Conseil_National_090708-1.pdf

22:06 Publié dans Energie, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

14.07.2008

A Geremek, toi, l'homme libre !

Et voilà que 10 joursdu passage d'ombre à lumière d'une femme exceptionnelle Ingrid Betancourt, voilà que disparait Bronisław Geremek, un homme exceptionnel, un résistant, un homme libre.

Pour qu'il y ait du Geremek et de l'Ingrid au fond de nous-tous et de nos dirigeants !

Je vous invite à connaitre plus de la vie et l'oeuvre de ce polonais, depuis son évasion du ghetto de Varsovie en 194, son travail à la Sorbonne, ses deux années et demi en prison pour dissidence début des années 80 à ses derniers jours et son travail ardent pour une europe des citoyens. Je vous retranscris ci-dessous le dernier article publié dans le Monde

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Point de vue

Europe, et si on changeait le contexte ?, par Bronislaw Geremek

LE MONDE | 27.06.08 | 13h05  •  Mis à jour le 27.06.08 | 13h05 (Article paru dans l'édition du 28.06.08)

 Geremek.JPG

Après le non irlandais au traité de Lisbonne, l'Union européenne a évité de prendre des décisions à la hâte. Mais il semble qu'il y ait déjà un plan : faire aboutir la ratification du traité de Lisbonne dans tous les pays qui ne l'ont pas fait et obtenir de la part de l'Irlande, isolée dans son refus, la répétition du référendum sur le même texte.

Le plan qui consiste à pousser l'Irlande à organiser un deuxième référendum a plusieurs précédents dans l'histoire de l'Union et n'est pas en contradiction avec les règles juridiques. Tout de même on ne peut pas nier que c'est un peu humiliant pour les Irlandais (oserait-on le demander aux Français ?) et que la culture démocratique des Européens en souffrirait aussi. Et imaginons ce que l'Europe ferait si des Irlandais s'obstinaient dans leur refus et répondaient non encore une fois ?

Il faut se rendre compte que les Européens du XXIe siècle craignent l'avenir et ne font pas confiance à l'Union européenne. Ils sont las de ses élargissements, ils la croient bien éloignée de leurs soucis quotidiens et inefficace pour relever les défis actuels. Les taux de croissance stagnants dans la plupart des pays membres de l'UE, ainsi que la cherté de la vie contribuent aussi à la morosité générale des Européens : c'est un facteur fondamental dans le climat psychologique européen.

Dans un tel climat, les grands projets visionnaires n'ont pas de chance de réussir. Le traité constitutionnel ainsi que le traité de Lisbonne étaient bien ce genre de projets visionnaires et supposaient un climat de confiance et de satisfaction à l'égard de l'UE. Il faut se rendre à l'évidence que ce n'est pas le cas aujourd'hui. La morosité psychologique est un obstacle de taille à des projets constitutionnels courageux.

Les historiens du constitutionnalisme savent bien que les Constitutions sont proclamées soit quand le peuple aspire à un tel acte (on parle d'un "moment constitutionnel"), soit par surprise. Les huit années passées ne coïncidaient pas avec un "moment constitutionnel" et toute tentative de prendre l'opinion publique par surprise n'aurait aucune chance. Les projets constitutionnels arrivaient au mauvais moment. Pour faire passer ces projets, il fallait expliquer aux Européens l'urgence des réformes constitutionnelles et c'était impossible sans que les Européens se réconcilient d'abord avec l'Europe. Cette "réconciliation" n'a pas eu lieu. Les derniers sondages d'opinion dans plusieurs pays de l'Union (y compris la France) ne sont pas réconfortants.

Que faire ?

Les trois mois d'école buissonnière que l'Union européenne s'est donnés servent l'idée de faire revoter les Irlandais. Est-ce vraiment la seule solution possible ? Et si l'on suivait le conseil de Jean Monnet en cherchant à "changer le contexte" et à formuler un autre plan ?

Il est indiscutable que les gouvernements nationaux doivent faire tout leur possible pour que le traité qu'ils ont déjà tous signé soit maintenant ratifié. Le Royaume-Uni a donné l'exemple et il faudrait que les sept autres pays fassent de même. Ils y sont obligés, la Convention de Vienne sur les traités le dit explicitement. C'est alors que le Conseil européen devra examiner la situation et décider de ce qu'il faut faire. Puisqu'une majorité de pays et de citoyens a approuvé le traité, le Conseil peut de manière tout à fait légitime procéder de concert avec la Commission européenne et le Parlement à la mise en oeuvre de tout ce qui n'exige pas d'amender les traités.

Le Conseil pourrait décider ainsi que le haut représentant pour la politique étrangère prend la présidence permanente du Conseil des affaires étrangères et qu'il se voit attribuer la responsabilité de la politique étrangère ainsi que la direction d'un "service d'action extérieure". Voilà le ministre des affaires étrangères - le nom de la fonction importe peu - dont l'Union a tellement besoin.

De même, rien n'empêche le Conseil européen de prendre la décision que ce soit le président de la Commission européenne qui préside les réunions du Conseil. Sans être le représentant officiel de l'UE à l'extérieur, il représenterait par la force des choses les institutions européennes.

Le Conseil européen pourrait proposer au Parlement de prendre la responsabilité du droit à l'initiative législative populaire (un million de signatures). De même, le Parlement européen pourrait lui-même prendre des mesures nécessaires pour renforcer la coopération avec les Parlements nationaux dans l'élaboration de la législation européenne. L'élargissement des droits et prérogatives du Parlement européen pourrait, par contre, se faire par des décisions (à l'unanimité) du Conseil.

Je ne donne que quelques exemples où il n'est pas nécessaire d'avoir recours à un nouveau traité. Mais il y a aussi des changements que l'on ne peut pas introduire sans un traité. Cela concerne en premier lieu le système du vote. Pour la santé de l'UE, il est urgent d'abandonner le principe de l'unanimité, dont le fonctionnement rappelle trop le liberum veto en Pologne, qui avait amené mon pays au désastre à la fin du XVIIIe siècle. Il est aussi nécessaire de remplacer le système du vote pondéré établi à Nice par un vote à double majorité (de pays et de citoyens).

Ce qui ne peut pas être réalisé à la base des traités existants peut être soumis à une consultation populaire à l'échelle de l'Union européenne, organisée le même jour dans tous ses pays membres. Une ou deux questions précises concernant le système de vote européen, une campagne d'information sur le sujet, un débat dans l'Europe entière sur le problème, et les Européens seraient appelés aux urnes (cela pourrait se faire en même temps que les prochaines élections au Parlement européen) : le Conseil et le Parlement sauraient quoi faire après une telle consultation.

L'Europe doit se doter d'une dimension politique, elle doit être capable de parler d'une seule voix, elle doit avoir la capacité de formuler et de réaliser des politiques de solidarité. Le traité donnerait cette possibilité et en même temps créerait un bond en avant spectaculaire. Les trois non consécutifs de la part de la France, des Pays-Bas et de l'Irlande exprimaient une mésentente entre les institutions européennes et les citoyens.

Dans les sociétés démocratiques, on n'a pas besoin que les institutions soient aimées, mais on a besoin qu'elles soient efficaces et légitimes et qu'elles suscitent la confiance. Soyons attentifs au message de Saint-Simon : "L'Europe unie doit être celle des citoyens." Pour répondre à la demande "faisons les Européens", il faut donner aux Européens l'occasion de "prendre la parole" comme le proposait Jacqueline de Romilly. Il ne faut pas craindre le peuple, il faut craindre le populisme, qui exploite l'absence du peuple sur la scène publique.

L'Europe est donc face à un choix important. Elle peut avoir recours aux sentiers battus, qui consistent à faire revoter ceux qui ont dit non. Et même si l'on y réussit, cela restera toujours une opération menée par les gouvernements nationaux, évitant de faire parler les citoyens européens. Ou bien, en utilisant les traités existants, l'Europe peut à la fois procéder aux réformes institutionnelles nécessaires et demander l'avis des citoyens européens. La première solution constitue la routine européenne, la seconde annonce une nouvelle étape de l'unité européenne.

 


Bronislaw Geremek est historien et député européen.

 

 

 

 

14:00 Publié dans politique de l'instant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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